lundi 30 avril 2012

Intellectuels et politiques, une planète en recomposition

Un excellent article du journal Le Monde sur les "conseillers du Prince" à notre époque. Les stratèges politiques et les penseurs généralistes, désabusés, font place aux experts d'un domaine précis qui fait l'objet d'un enjeu politique et surtout aux "think tank", sortes de club de réflexion politique, de droite ou de gauche. Extrait :
Le renouvellement des générations suffira-t-il à jeter de nouvelles passerelles entre le savant et le politique ? Dominique Reynié, de Fondapol, est sceptique. Des ministres, des élus, il en connaît beaucoup. Et il porte sur ce petit monde un regard un peu désabusé : "Les acteurs politiques se sont mis en situation de préférer toute réunion à tout moment de lecture. Quand ils veulent des notes, c'est deux pages maximum. Quand on commence à leur expliquer quelque chose, au bout de trois minutes ils sont sur leur portable à regarder leurs messages. Ils enchaînent les rendez-vous, galopent en permanence. Dans des temps agités comme les nôtres, ils devraient au contraire se poser."
Intellectuels et politiques, une planète en recomposition

dimanche 29 avril 2012

John Lombardi Is Fired as President of Louisiana State University - not obedient enough to the Governor

Un président d'Université au caractère tempétueux mais pas assez docile au goût du gouverneur de la Louisiane se fait renvoyer par le conseil d'administration de son université. Triste exemple de la dérive de l'intérêt d'un élu pour les universités de son État...

John Lombardi Is Fired as President of Louisiana State U. - Leadership & Governance - The Chronicle of Higher Education

Mise à jour sur le boycott des éditions scientifiques Elsevier par des chercheurs prestigieux

Ce boycott repose sur les points suivants: Elsevier fait payer trop cher l'accès à ses articles en ligne, oblige les bibliothèques universitaires à s'abonner à des revues moins pertinentes pour avoir accès aux revues les plus pertinentes et refuse de rendre accessibles gratuitement les articles issues de projets de recherche subventionnés par les ressources publiques.

Elsevier Publishing Boycott Gathers Steam Among Academics - Wired Campus - The Chronicle of Higher Education

Frontiers : la publication scientifique repensée, plus démocratique et transparente

Ce groupe de revues scientifiques en accès libre propose des mesures innovatrices permettant de repenser les pratiques de la publication scientifique. Par exemple, les lecteurs sont appelés à évaluer l'article pendant les 3 premiers mois de la mise en ligne (et non seulement les deux évaluateurs initiaux), l'évaluation des articles implique un dialogue entre les évaluateurs et l'auteur et les articles les plus cotés sont légèrement remaniés et publiés dans une revue généraliste destinée au grand public. Un bouquet de revues à suivre ! Ces revues ont toutefois adopté le modèle "doré" de l'accès libre c'est-à-dire que les équipes de recherche doivent payer des droits pour pouvoir publier leur article.
Frontiers Journal Series: the latest academic discovery.
The Frontiers Journal Series is an interdisciplinary tiered series of online journals, promising a paradigm shift from the current review, selection, and dissemination processes in academic publishing.
All Frontiers journals are driven by researchers for researchers, and therefore they constitute a service to the scholar community. At the same time, the Frontiers Journal Series operates on our revolutionary invention, the tiered publishing system, initially addressing specific communities of scholars, and gradually climbing up to broader public understanding, thus serving the interests of the lay society, too.
In perfect alignment with the Frontiers vision of favoring the generation and sharing of knowledge worldwide, each component of the series aims at being the ultimate community journal that absorbs the pulse of its entire community.
 
The Frontiers Academic Model is based on four pillars, which make the Frontiers Journal Series a truly unique concept in the context of academic publishing:

Frontiers | About Frontiers

Colloque "La science que nous voulons", Montréal, le 10 mai 2012


Responsable(s)
Florence Piron Université Laval, Jean Bernatchez UQAR - Université du Québec à Rimouski

Description
La Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation (SQRI) guide actuellement la politique scientifique du Québec. Adoptée en juin 2010, elle fait suite à d’autres documents – Savoir changer le monde (politique scientifique du gouvernement du Québec, 2001); Un Québec innovant et prospère (Gouvernement du Québec, 2006) – et elle s’harmonise avec la politique canadienne Réaliser le potentiel des sciences et des technologies au profit du Canada (Gouvernement du Canada, 2007). Or, aucune de ces politiques n’a fait l’objet d’un débat ou d’une évaluation à l’un ou l’autre des parlements ou en commission parlementaire. Pourtant, la science est une institution qui a un impact considérable sur la vie des citoyens et sur l’avenir de la société québécoise. Comment repolitiser la science, c’est-à-dire l’introduire dans le débat public, dans la Cité, sans pour autant l’assujettir à l’agenda politique des partis et des gouvernements ? Notre réponse est la suivante : en interpellant l’ensemble de la société québécoise, chercheurs et non-chercheurs, pour rédiger collectivement les grandes lignes d’une politique scientifique qui reflète ses valeurs et ses préoccupations. Suivant ainsi l’exemple d’organismes de plus en plus nombreux dans le monde qui préconisent la participation des citoyens à l’élaboration des politiques publiques, l’Association Science et bien commun a mis sur pied le projet web « La science que nous voulons » qui, à terme, proposera un nouvel énoncé de politique scientifique pour le Québec. Lors du congrès de l'ACFAS, nous présentons les enjeux qui devront être débattus au fil de ce travail citoyen, ainsi que le résultat des premières expériences délibératives.

Acfas - Association francophone pour le savoir

jeudi 26 avril 2012

Table ronde : L'économie du savoir, les sciences humaines et sociales et l'Université

Une table ronde formidable sur l'économie du savoir et son impact sur l'université en général, dans le cadre de la Nuit de la liberté du 17 novembre 2011 au Musée de la civilisation à Québec. Une leçon de critique politique et sociologique par Max Roy, président de la Fédération québécoise des professeurs et professeures d'université (du Québec), Éric Martin, doctorant à l'Univeristé d'Ottawa et co-auteur de Université Inc et Gilles Gagné, professeur de sociologie à l'Université Laval. De nombreux enjeux férocement débattus aujourd'hui dans l'espace public y étaient abordés.

Table ronde : L'économie du savoir

mercredi 25 avril 2012

We need a global treaty on health research for the poor

À la prochaine Assemblée mondiale de la santé, qui décide des politiques de l'Organisation mondiale de la santé, une proposition de traité pour assurer que des fonds de recherche soient consacrées aux maladies spécifiques des pays pauvres. Un effort pour davantage de "justice cognitive".

We need a global treaty on health research for the poor - SciDev.Net

Faut-il interdire la pêche industrielle en Arctique ? | 2000 chercheurs de 67 pays le demandent

Voilà une prise de position ferme et claire de la part de chercheurs qui n'hésitent pas à investir l'espace public au nom de leurs valeurs.
C'est un appel majeur : plus de 2 000 scientifiques de 67 pays ont demandé à la communauté internationale de protéger l'océan Arctique, en interdisant la pêche commerciale tant que la recherche et un encadrement réglementaire n'assureront pas le respect de cet environnement des plus fragiles. Leur mobilisation s'est exprimée dans une lettre ouverte à l'organisme environnemental PEW Environment Group, dimanche 22 avril, à l'occasion de l'ouverture de l'année polaire internationale.
Faut-il interdire la pêche industrielle en Arctique ? | Eco(lo)

lundi 23 avril 2012

Étude intéressante sur la nécessité éthique de partager toutes les données issues de la recherche clinique, même les négatives

Une équipe de chercheurs a fouillé les archives et échangé de nombreux courriels avec la pharmaceutique Roche, productrice du Tamiflu, à propos de la non-publication depuis 10 ans d'une majorité de ses essais cliniques sur le tamiflu, ce qui nuit à la compréhension scientifique et clinique de ce médicament. Ces auteurs mettent au défi l'industrie pharmaceutique "to either provide open access to clinical study reports or publically defend their current position of RCT data secrecy". Cet article important paru la semaine dernière dans PLoS Medicine est doublé d'un texte publié dans le New York Times. Une réponse de la part de plusieurs instances régulatrices des médicaments en Europe est encourageante car elle confirme l'importance de publier toutes les données cliniques et pas seulement le protocole et quelques données.

Cette pratique de la pharmaceutique Roche, qu'elle a en commun avec d'autres industries, est inquiétante alors même que l'Institut de cardiologie de Montréal vient de signer une entente de partenariat financier avec elle. Qu'est-il prévu, dans cette entente dont le contenu n'est pas divulgué, à propos de la publication de résultats, même négatifs? Les dirigeants de l'ICM ont-ils obtenu des garanties ?  Une question au coeur de l'éthique des sciences.

Doshi P, Jefferson T, Del Mar C (2012) The Imperative to Share Clinical Study Reports: Recommendations from the Tamiflu Experience. PLoS Med 9(4): e1001201. doi:10.1371/journal.pmed.1001201

Drug Data Shouldn’t Be Secret - NYTimes.com

Eichler H-G, Abadie E, Breckenridge A, Leufkens H, Rasi G (2012) OpenClinical Trial Data for All? A View from Regulators. PLoS Med 9(4):e1001202. doi:10.1371/journal.pmed.1001202

L'ICM devient le pôle de recherche sur les maladies cardiométaboliques du réseau mondial de Roche

mercredi 18 avril 2012

Ce que nous avons oublié. Lettre aux collègues et aux étudiants de l'université

Une lettre écrite par la professeure Anne Élaine Cliche (études littéraires, UQAM, mars 2012) et adressée à l'ensemble de la communauté universitaire (et vraisemblablement à tout citoyen intéressée par les affaires publiques) pour dénoncer la violence symbolique qui se profile dans le monde universitaire à travers les logiques de recherche subventionnée. En soulignant les changements revendiqués par le mouvement étudiant qui remue actuellement le Québec, la professeure déploie une critique sur les mécanismes politiques et les logiques de financement qui animent l'université d'aujourd'hui.

L'Université en ville: un beau projet de la Faculté de droit de l'Université Laval

Voici enfin un beau projet qui incarne la responsabilité sociale d'une université dans sa communauté. Et en plus, ce geste n'empêchera nullement les professeurs impliqués de mener par ailleurs une belle carrière universitaire. Ils y auront cependant ajouté un geste de partage des connaissances, de rapprochement entre l'université et la société civile, dans l'intérêt de tous.
La Faculté de droit innove en conviant des citoyens défavorisés de la région de Québec de même que des intervenants qui travaillent dans les milieux communautaires à une initiation aux études juridiques universitaires. Ce projet intitulé «L’Université en ville» comporte un double objectif: tenter de réduire les barrières érigées entre le milieu universitaire et les gens défavorisés et offrir aux participants un coffre à outils de démarrage permettant de répondre à diverses préoccupations d’ordre juridique.
Ulaval - L'Université en ville

Appel de communications: Identité et liberté d'expression, Paris 2012

Colloque international IDENTITE ET LIBERTE D’EXPRESSION (FREEDEX, Paris 2012)
 

La liberté d'expression s’impose de plus en plus, particulièrement après avoir été incluse dans les conventions internationales, telle la Convention Européenne des Droits de l'Homme. Elle est aujourd'hui utilisée en toute circonstance, son contexte semble s'enrichir jusqu'à tel point que chaque fois qu'une idée est promue, qu'elle soit politique, économique, religieuse ou culturelle, c'est dans le cadre de cette liberté d'expression qu’elle doit rester pour être légitime.

De nos jours, tout type d'entité légale (de l'individu jusqu'aux Etats, organisations internationales ou sociétés) fait usage de la liberté d'expression pour atteindre des objectifs individuels ou collectifs. Dans un monde globalisé, où il y a une demande accrue de liberté d'expression, la prétention de faire passer son message est conditionnée par une plus grande sensibilité vis-à-vis de ce qui est rendu public, surtout de la part de ceux qui adhèrent à des valeurs plus traditionnelles. Le conflit de valeurs créé par l'immigration contemporaine, ainsi que les préoccupations éthiques suscitées par la recherche médicale et technologique sont de vrais défis pour ce que les Pères Fondateurs du Libéralisme (particulièrement John Stuart Mill) ont identifié comme les sphères de la liberté
Parfois les mêmes agents moraux qui font usage de cette liberté d'expression pour leurs propres objectifs sont perturbés par des discours qui, selon eux, montrent moins du respect pour les valeurs traditionnelles. Par conséquent, malgré l'idéal de liberté, des demandes sont le plus souvent faites pour la régulation par voie politique des problèmes éthiques, religieux, technologiques ou sociaux qui attirent l'attention publique. Faire appel à une action politique pour résoudre ce genre de problèmes met en évidence le besoin d'aller au-delà d’un simple discours philosophique, caractérisé par Leo Strauss comme ésotérique ou exotérique.
 
Le colloque international IDENTITE ET LIBERTE D’EXPRESSION (FREEDEX, 2012) aura lieu à Paris, France, entre 21-22 juin 2012, il est organisé par l’Association de Recherche Culturelle Ars Identitatis, en collaboration avec l'Université Paris 1 Panthéon –Sorbonne. Il se tiendra au Centre Malher, 9 Rue Malher,  75004, Paris.

Une sélection des communications présentées sera publiée dans un volume papier ou électronique après la révision par une commission de spécialistes.

Le contrôle par le gouvernement canadien de l'accès public aux scientifiques fédéraux : un exemple

Cet article récent raconte les péripéties d'un journaliste qui voulait avoir des précisions sur la participation canadienne à un projet de recherche international sur la neige. Au lieu de pouvoir échanger 15 minutes avec un des chercheurs impliqués, il a dû procéder à de nombreuses démarches, toutes contrôlées bureaucratiquement. Un bon exemple de la muselière politique que le gouvernement conservateur applique à ses chercheurs et qui a été dénoncé récemment par plusieurs organisations de journalisme scientifique dans la campagne Unmuzzle science

A simple question, a blizzard of emails, and a peek inside how Canada's bureaucracy works

Bilan de la couverture médiatique de la campagne "Démuseler les scientifiques"

mardi 17 avril 2012

How Corporations Corrupt Science at the Public's Expense | Report

Un très important nouveau rapport de l'Union for Concerned Scientists explore l'influence de l'industrie sur la recherche scientifique publique aux États-Unis:

Télécharger : Heads They Win, Tails We Lose: Full Report | Heads They Win, Tails We Lose: Executive Summary
Federal decision makers need access to the best available science in order to craft policies that protect our health, safety, and environment.
Unfortunately, censorship of scientists and the manipulation, distortion, and suppression of scientific information have threatened federal science in recent years.
This problem has sparked much debate, but few have identified the key driver of political interference in federal science: the inappropriate influence of companies with a financial stake in the outcome.
A new UCS report, Heads They Win, Tails We Lose, shows how corporations influence the use of science in federal decision making to serve their own interests.

Methods of Abuse

The report describes five basic methods that corporations use to influence the scientific and policy-making processes:

Corrupting the Science. Corporations suppress research, intimidate scientists, manipulate study designs, ghostwrite scientific articles, and selectively publish results that suit their interests.

Shaping Public Perception. Private interests downplay evidence, exaggerate uncertainty, vilify scientists, hide behind front groups, and feed the media slanted news stories.

Restricting Agency Effectiveness. Companies attack the science behind agency policy, hinder the regulatory process, corrupt advisory panels, exploit the "revolving door" between corporate and government employment, censor scientists, and withhold information from the public.

Influencing Congress. By spending billions of dollars on lobbying and campaign contributions, corporate interests gain undue access to members of Congress, encouraging them to challenge scientific consensus, delay action on critical problems, and shape the use of science in policy making.

Exploiting Judicial Pathways. Corporate interests have expanded their influence on the judicial system, used the courts to undermine science, and exploited judicial processes to bully and silence scientists.

How Corporations Corrupt Science at the Public's Expense | Union of Concerned Scientists

Le scientifique doit-il sortir de sa tour d'ivoire? | Débat à l'Agence science presse

Une très intéressante discussion à laquelle j'ai participé:

Le scientifique doit-il sortir de sa tour d'ivoire?

Pourquoi les scientifiques sont-ils si timides à l’idée d’une plus grande implication sociale? Donner leur opinion, participer aux débats publics, jouer leur rôle de citoyen : pourquoi pas?
Quiconque écoute les nouvelles télévisées s’est habitué à entendre un économiste, un politologue ou même un sociologue, intervenir sur la place publique. Mais un biologiste ou un physicien, c’est une rareté. Et contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas parce qu’ils sont tous de mauvais vulgarisateurs : certains, au contraire, arrivent très bien à expliquer ce qu’ils font. Mais lorsque vient le moment de s’impliquer dans les débats de société, c’est le silence. Avec nous en studio cette semaine, trois chercheurs moins timides que la moyenne, chacun avec un parcours illustrant une forme différente d’implication sociale. La première est en environnement, peut-être le domaine qui fait exception : si on célèbre ce samedi le Jour de la Terre, c’est parce que des scientifiques sont intervenus sur la place publique à un moment donné. Le deuxième n’est pas étranger aux prises de position, mais l’une d’elles a été particulièrement remarquée par les médias l’an dernier, lors de l’abolition par le gouvernement Harper du formulaire de recensement long. Et la troisième a fondé un groupe appelé « Science et bien commun ».
Le scientifique doit-il sortir de sa tour d'ivoire? | Agence Science-Presse

vendredi 13 avril 2012

The Social Study of Corporate Science: Bulletin of Science, Technology and Society

Un numéro de revue sur la science qui se fait dans l'industrie. Passionnant.

Thème : The Social Study of Corporate Science

Food, Drugs, and TV: The Social Study of Corporate Science
David Schleifer and Bart Penders
Bulletin of Science Technology Society 2011;31 431-434
http://bst.sagepub.com/cgi/reprint/31/6/431

The Quest for "Magnalux": Redefining Technological Success and Failure at RCA, 1951-1956
Benjamin Gross
Bulletin of Science Technology Society 2011;31 435-447
http://bst.sagepub.com/cgi/content/abstract/31/6/435

Networked Success and Failure at Hybritech
Mark Peter Jones
Bulletin of Science Technology Society 2011;31 448-459
http://bst.sagepub.com/cgi/content/abstract/31/6/448

We Spent a Million Bucks and Then We Had To Do Something: The Unexpected Implications of Industry Involvement in Trans Fat Research
David Schleifer
Bulletin of Science Technology Society 2011;31 460-471
http://bst.sagepub.com/cgi/content/abstract/31/6/460

Cool and Safe: Multiplicity in Safe Innovation at Unilever
Bart Penders
Bulletin of Science Technology Society 2011;31 472-481
http://bst.sagepub.com/cgi/content/abstract/31/6/472

Corporate Disguises in Medical Science: Dodging the Interest Repertoire
Sergio Sismondo
Bulletin of Science Technology Society 2011;31 482-492
http://bst.sagepub.com/cgi/content/abstract/31/6/482

Beyond the Boundary: Science, Industry, and Managing Symbiosis
Birgitte Gorm Hansen
Bulletin of Science Technology Society 2011;31 493-505
http://bst.sagepub.com/cgi/content/abstract/31/6/493

A Public Trial De Novo: Rethinking "Industrial Interests"
Jane Bjørn Vedel and Christopher Gad
Bulletin of Science Technology Society 2011;31 506-517
http://bst.sagepub.com/cgi/content/abstract/31/6/506

jeudi 12 avril 2012

mardi 10 avril 2012

Le séquençage du génome comme outil de prédiction des maladies remis en question

Cette étude très intéressante montre que la génomique n'est pas sur le point de révolutionner la médecine, même si de nombreux chercheurs-entrepreneurs le croient et le font croire aux gouvernements. En témoigne le dernier budget du gouvernement canadien qui "investit" en génomique. Hélas, il y a trop de liens entre la science et l'industrie dans ce secteur pour qu'on puisse espérer que la génomique retrouve rapidement une place normale au sein de la recherche scientifique canadienne.

Le séquençage du génome comme outil de prédiction des maladies remis en question | Science | Radio-Canada.ca

mardi 3 avril 2012

PhDs leave the ivory tower / des écoles doctorales hors de la tour d'ivoire

Un article très intéressant qui décrit une expérience britannique de transformation de la formation doctorale: moins soumise à un directeur de thèse unique, en groupe, orientée sur des domaines de pointe, et bien sûr, mieux branchée sur le marché du travail et en particulier sur l'industrie. Encore une fois, comment faire comprendre aux dirigeants universitaires que la sortie de la tour d'ivoire n'implique nullement l'union exclusive avec l'industrie? Que cette sortie n'a de valeur que si elle stimule la science par la diversité des perspectives qu'elle apporte?

PhDs leave the ivory tower : Nature News & Comment

Argent, pouvoir et science: deux sombres histoires récentes

Dans la série des histoires lamentables qui montrent comment le capital social scientifique (diplôme, poste) peut être utilisé frauduleusement ou à des fins mercantiles, en voici deux récentes. Tout d'abord, le dernier scandale européen. Accusé de plagiat pour son doctorat, le président hongrois démissionne
Pal Schmitt avait intégralement recopié les travaux d'un chercheur pour obtenir un doctorat il y a vingt ans. Il s'accrochait à son fauteuil depuis des semaines. Ne «voyait pas le rapport» entre sa thèse de doctorat honteusement plagiée et son «mandat de président». Sous la pression populaire, le président hongrois, Pal Schmitt, a annoncé lundi sa démission. «Puisque selon la Constitution, la personne du président doit représenter l'unité de la nation hongroise, et que ma personne est malheureusement devenue synonyme de division, je sens que mon devoir est d'abandonner mon poste, a-t-il déclaré devant les députés. Je sens que mon devoir est (…) de rendre mon mandat de président.»
Le Figaro - International : Accusé de plagiat, le président hongrois démissionne

La deuxième histoire est liée aux relations intimes entre la psychiatrie américaine et le milieu pharmaceutique. Une association a tout récemment nommé sur son conseil d'administration un psychiatre reconnu pour ses conflits d'intérêts majeurs non déclarés. Il avait notamment été responsable de l'étude scientifique (impartiale?) d'un médicament alors qu'il recevait des honoraires de la compagnie pharmaceutique productrice du médicament en question - dont les effets secondaires potentiellement très graves sont maintenant reconnus. Une pétition réclame son départ de ce conseil d'administration, alors que ce "chercheur" continue d'enseigner et de recevoir des subventions de recherche...
The Anxiety Disorders Association of America, which is devoted to combating anxiety, depression and stress-related disorders, is causing some stress and anxiety among academics and physicians. Why? The professional organization recently named Charles Nemeroff, the controversial psychiatry professor, to its board.
And so, an Internet petition is now circulating that calls on the ADAA board to swiftly remove Nemeroff before the reputation of the organization and its professionals are sullied. How so? His “track record of unethical behavior that has harmed the standing of our field, the credibility of some of its treatments, and risked the well being of millions of patients,” according to the petition.
For those who may not recall, Nemeroff was an Emory University professor who was sanctioned for failing to disclose that he had accepted about $500,000 in payments from GlaxoSmithKline while he was also the primary investigator for a National Institutes of Health study of the Paxil antidepressant, which is sold by the drugmaker (see here).
http://www.pharmalot.com/2012/03/academics-to-doctors-group-dump-nemeroff/

dimanche 1 avril 2012

Débat sur les missions de l'université au Québec et en Europe

Dans le cadre de la course au rectorat de l'Université Laval, je suis devenue candidate avec un programme intitulé "Pour une Université Laval engagée dans sa communauté et dans le monde, au service du bien commun". Le programme commence comme suit:

L'Université Laval vit un moment important. L'élection au rectorat de 2012 peut ou bien l'amener encore plus loin dans le modèle néo-libéral privilégié par le recteur sortant (et développé à l'extrême par l'équipe actuelle de l'Université de Montréal), ou bien la détacher de ce modèle et proposer une véritable alternative, capable de rassembler et d'attirer tous ceux et celles qui espèrent ou revendiquent une université au service du bien commun avant tout, c’est-à-dire de ce qui est souhaitable dans l’intérêt général. Le programme que je présente ci-dessous vise à montrer concrètement ce que pourrait être une université socialement responsable, oeuvrant à former des citoyens au jugement critique solide et compétents dans leur domaine, refusant les diktats de l'idéologie de la croissance, engagée dans la communauté qu'elle dessert et ouverte sur le monde dans le but de le rendre plus juste (et non d'en tirer profit). C'est pour avoir la possibilité de défendre publiquement ce programme et d'amener les candidats au rectorat à prendre position que j'ai décidé de participer à cette course.
Je me suis désistée de cette course le 29 mars en espérant avoir marqué le débat par une lettre qui décrit bien les deux modèles possibles d'université (voir le lien ci-dessous).

En même temps, en Europe, le mouvement "Université en débat" a démarré, accompagné d'un manifeste signé par plus de 1000 chercheurs en date d'aujourd'hui:
Fin janvier 2012, une enseignante-chercheuse de l’Université de Liège remettait sa démission et rendait publiques au sein de l’université les raisons de celle-ci, dénonçant la dégradation des universités européennes et en particulier le productivisme et l’arrivisme ambiants, devenus insoutenables. La publication du texte  et ses échos dans la presse et la société belges provoquèrent une vague de soutien inattendue, des dizaines de collègues se reconnaissant dans le diagnostic et désirant y trouver des remèdes. Très vite des universitaires français et espagnols se joignirent au mouvement, confirmant le caractère européen de la tendance dénoncée.
Après divers échanges et réunions de réflexion, un site web fut créé et un manifeste rédigé afin d’entamer un large mouvement d’actions et de débat autour de l’avenir de nos universités.
Lisez le manifeste ici, et signez-le par là.
Des enseignants-chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles viennent aussi de publier un article dans la Libre (un quotidien belge): « Pour une désexcellence des universités ».

S'agit-il de l'expression d'un point de vue marginal ou d'une indignation croissante parmi les professeurs-chercheurs qui vont décider collectivement d'arrêter la dérive néo-libérale de leurs institutions?

http://www.univendebat.eu/

http://www.ledevoir.com/societe/education/346190/universite-laval-pourquoi-je-quitte-la-course-au-rectorat

Programme pour construire une université socialement responsable