dimanche 1 avril 2012

Débat sur les missions de l'université au Québec et en Europe

Dans le cadre de la course au rectorat de l'Université Laval, je suis devenue candidate avec un programme intitulé "Pour une Université Laval engagée dans sa communauté et dans le monde, au service du bien commun". Le programme commence comme suit:

L'Université Laval vit un moment important. L'élection au rectorat de 2012 peut ou bien l'amener encore plus loin dans le modèle néo-libéral privilégié par le recteur sortant (et développé à l'extrême par l'équipe actuelle de l'Université de Montréal), ou bien la détacher de ce modèle et proposer une véritable alternative, capable de rassembler et d'attirer tous ceux et celles qui espèrent ou revendiquent une université au service du bien commun avant tout, c’est-à-dire de ce qui est souhaitable dans l’intérêt général. Le programme que je présente ci-dessous vise à montrer concrètement ce que pourrait être une université socialement responsable, oeuvrant à former des citoyens au jugement critique solide et compétents dans leur domaine, refusant les diktats de l'idéologie de la croissance, engagée dans la communauté qu'elle dessert et ouverte sur le monde dans le but de le rendre plus juste (et non d'en tirer profit). C'est pour avoir la possibilité de défendre publiquement ce programme et d'amener les candidats au rectorat à prendre position que j'ai décidé de participer à cette course.
Je me suis désistée de cette course le 29 mars en espérant avoir marqué le débat par une lettre qui décrit bien les deux modèles possibles d'université (voir le lien ci-dessous).

En même temps, en Europe, le mouvement "Université en débat" a démarré, accompagné d'un manifeste signé par plus de 1000 chercheurs en date d'aujourd'hui:
Fin janvier 2012, une enseignante-chercheuse de l’Université de Liège remettait sa démission et rendait publiques au sein de l’université les raisons de celle-ci, dénonçant la dégradation des universités européennes et en particulier le productivisme et l’arrivisme ambiants, devenus insoutenables. La publication du texte  et ses échos dans la presse et la société belges provoquèrent une vague de soutien inattendue, des dizaines de collègues se reconnaissant dans le diagnostic et désirant y trouver des remèdes. Très vite des universitaires français et espagnols se joignirent au mouvement, confirmant le caractère européen de la tendance dénoncée.
Après divers échanges et réunions de réflexion, un site web fut créé et un manifeste rédigé afin d’entamer un large mouvement d’actions et de débat autour de l’avenir de nos universités.
Lisez le manifeste ici, et signez-le par là.
Des enseignants-chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles viennent aussi de publier un article dans la Libre (un quotidien belge): « Pour une désexcellence des universités ».

S'agit-il de l'expression d'un point de vue marginal ou d'une indignation croissante parmi les professeurs-chercheurs qui vont décider collectivement d'arrêter la dérive néo-libérale de leurs institutions?

http://www.univendebat.eu/

http://www.ledevoir.com/societe/education/346190/universite-laval-pourquoi-je-quitte-la-course-au-rectorat

Programme pour construire une université socialement responsable

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