vendredi 30 décembre 2011

Débat en ligne sur le changement climatique, sous une forme graphique

Debategraph est un logiciel formidable qui permet de visualiser et de coter les différents éléments d'un débat, ainsi que d'ajouter des informations et des commentaires comme sur un blog. C'est un bel outil de débat public en ligne. Voici, par exemple, un débat sur les changements climatiques réalisé en 2010 en Europe qui a pour résultat un riche exposé graphique fourmillant d'information, notamment scientifique : Debategraph: Climate Change: Fact or Fiction?

The big question: How to engage scientists with the public?

Un excellent rapport de l'organisme britannique d'expertise sur les rapports science - société Sciencewise (the UK’s national centre for public dialogue in policy making involving science and technology issues). Les auteurs de ce rapport se sont demandé quelle était la meilleure façon de "séduire" les chercheurs pour les amener à davantage participer à des activités de dialogue avec des citoyens qui ne sont pas des experts de leur domaine. Deux voies sont apparues: rappeler aux chercheurs que leurs travaux sont financés par les citoyens (argument du devoir, moralisateur, rationnel) et leur montrer que ça peut être intéressant et même fécond pour leurs travaux. Deux autres résultats de cette étude sont intéressants:
The research suggests that scientists often view engagement as chiefly about dissemination rather than dialogue and, although they are supportive of public engagement in general, they are often motivated by increasing citizen knowledge or combating the public’s unfounded fears about science. Research by the Royal Society showed that, when asked what engagement means, just 12% of scientists indicated it meant listening to or attempting to understand the views of the public. [...]
One barrier to scientists’ participation may be that engagement is not yet consistently rewarded in career advancement in the same way that other activities are. In the highly competitive science profession, this too needs to be tackled if science engagement is to become core to the scientific career, and not an optional add-on.
The big question: How to engage scientists with the public?

mercredi 28 décembre 2011

Science, censure, espace public, bien commun: un noeud complexe

Deux histoires qui font réfléchir à la question de la science, du secret et des intérêts (privés ou général), donc du pouvoir (pouvoir de garder ou de révéler un secret, un fait, une découverte, un résultat).

Dans la première histoire, rapportée par le blog Indépendance des chercheurs, il est question d'une avocate, Gisèle Mor, représentant des familles de patients, qui a d'abord été condamnée pour "violation du secret professionnel pour avoir commenté auprès des médias le rapport d’expertise judiciaire relatif à des décès consécutifs à une vaccination contre l’hépatite B." Mais il y a deux semaines, ce jugement a été renversé par la Cour européenne des droits de l'homme. Selon ce nouveau jugement, « la protection de la liberté d’expression d’un avocat doit prendre en compte l’exception qui prévoit que l’exercice des droits de la défense peut rendre nécessaire la violation du secret professionnel ». Autrement dit, selon le billet de blog, "la violation du secret professionnel peut être justifiée par l'intérêt général et par les besoins de la défense des intérêts des justiciables dont l'avocat assume la représentation. Il s'agit, en l'occurrence, d'une affaire grave de santé publique intéressant l'ensemble de la population, et en même temps d'une affaire personnelle très grave liée au décès d'une enfant."

Dans la seconde histoire, rapportée par le New York Times, une instance gouvernementale américaine veut empêcher la publication d'information scientifique dans une revue prestigieuse, cette information pouvant, selon elle, permettre la conception d'armes biologiques. Dans ce cas, la non-publication devrait se justifier au nom du bien commun, de l'intérêt général.

L'article du New York Times rappelle ces mots de Francis Bacon, dans La Nouvelle Atlantide:
We have consultations, which of the inventions and experiences which we have discovered shall be published, and which not; and take all an oath of secrecy for the concealing of those which we think fit to keep secret; though some of those we do reveal sometime to the State, and some not.”

mardi 27 décembre 2011

La neutralité en science

Excellent billet de blogue (qui a provoqué une belle discussion) qui réfléchit de manière subtile à la question de la neutralité en science. L'auteur propose notamment une distinction entre l'impartialité neutre,
perspective d'origine positiviste, et néopositiviste, fondée sur la nette dichotomie entre « faits scientifiques » et « valeurs »
et
l'impartialité engagée du scientifique, une posture que, dans les limites du possible, cherchera à poursuivre le but de l'objectivité scientifique tout en impliquant l'opportunité d'exprimer un point de vue personnel, sans contaminer avec ses convictions, éthiques et politiques, la dimension scientifique de la question controversée.
http://blogs.mediapart.fr/blog/marc-tertre/261211/la-science-de-comme-autonomie-z-comme-zetetique-n-comme-neutralite

Du même auteur, voir aussi son texte sur la fraude scientifique qui, selon lui, est beaucoup plus qu'une aberration temporaire d'un individu:
La fraude n’est pas pour la science d’abord une faute, c’est la négation ontologique de son existence même, sa prétention à dire le vrai. [...] le scientifique seul ne  peut procéder à ce genre de  tromperies s’il n’est pas soutenu par toute une communauté (d’abord scientifique, mais aussi culturelle voir politique)  C’est parce que la découverte est attendu, voir espérée, que le chercheur bénéficie déjà d’une prestigieuse réputation (qui fait que les « chers collègues » ne vont pas lui chercher des noises) et que les remarques désobligeantes sont écartées parce que provenant de milieux « réputés hostiles » Reste que la fraude  scientifique se porte bien. Pour deux raisons convergentes  qui sont d’une part la concurrence de plus en plus acharnées entre chercheurs, et d’autre part le fait que ceux-ci ne se considèrent plus entre eux comme des « gentlemans » entre lesquels la suspicion n’est pas envisageable.
http://blogs.mediapart.fr/blog/marc-tertre/010411/les-sciences-de-comme-autonomie-z-comme-zetetique-f-comme-fraude

mercredi 21 décembre 2011

Une troisième mission pour les universités

Voici un excellent billet de blog d'un responsable du CRDI (Centre de recherche pour le développement international) qui explique très clairement l'ambiguïté fondamentale associée à qu'une certaine littérature appelle la "troisième mission des universités", qui s'ajoute à celles de l'enseignement et de la recherche. Dans son acception étroite, influencée par le néo-libéralisme, cette troisième mission de l'université consiste à créer de la richesse à partir du travail des professeurs-chercheurs. C'est ce qu'on appelle poliment la valorisation de la recherche ou plus crûment la marchandisation du savoir. Dans son acception plus large, la troisième mission englobe l'ensemble des rapports entre l'université et la société, incluant les "retombées non mesurables" liées au rôle d'une université dans une société - et qu'on devine aisément en voyant toutes les difficultés des pays qui ne réussissent pas à se doter de telles universités : la qualité des débats publics, de l'information, des conseils au gouvernement, la protection des droits des personnes, la diffusion des valeurs communes, etc.

Intégrer cette conception large de la troisième mission des universités aux politiques scientifiques et à la gouvernance universitaire est un combat politique majeur.

Une troisième mission pour les universités | IDRC (International Development Research Centre) Blog. Sharing insights on research for development.

mardi 20 décembre 2011

Top Science Scandals of 2011

Dix cas de fraude, sabotage, plagiat, manipulation des données, etc. Il est important de les connaître et de les analyser pour mettre en valeur les chercheurs intègres qui résistent aux pressions (du système scientifique? de leur université? de leur département? de leur inconscient?) pouvant inciter à commettre ces manquements à l'éthique des sciences la plus élémentaire. Cet article ne parle même pas de l'irresponsabilité sociale de certains chercheurs et universités, comme ces deux universités américaines qui, dans l'espoir d'attirer des pharmaceutiques, ont aboli les frais liés aux négociations de brevet qui étaient imposés à cette industrie...

Top Science Scandals of 2011 | The Scientist

lundi 19 décembre 2011

En France et aux États-Unis, deux nouvelles lois pour surveiller les liens entre médecins, chercheurs et compagnies pharmaceutiques

En France, la réforme du contrôle des médicaments, jugée nécessaire à la suite de l'affaire du Médiator, a été adoptée par l'Assemblée nationale le 19 décembre 2011, tandis que les États-Unis s'apprêtent à mettre en oeuvre le 1er janvier 2012 la Loi "Physician Payments Sunshine", qui oblige les compagnies pharmaceutiques à révéler les sommes et cadeaux qu'elles offrent aux médecins et hôpitaux:
The Physician Payments Sunshine provisions in health care reform legislation require drug and medical device manufacturers to publicly report gifts and payments made to physicians and teaching hospitals.
Dans le cas de la France,
les responsables et experts d'autorités sanitaires devront déposer et actualiser une déclaration publique d'intérêts sur leurs liens avec l'industrie pharmaceutique dans les cinq dernières années.
Un vent d'intégrité souffle-t-il sur nos gouvernements et administrations? Le rapport publié le 15 décembre 2011 de la Presidential Commission for the Study of Bioethical Issues, mandatée par le président Obama pour faire la lumière sur les essais cliniques au Guatemala dans les années 1940 et pour évaluer l'état actuel de la protection des participants humains à la recherche scientifique, s'intitule d'ailleurs Moral Science... Une nouvelle ère qui commence? Je ne suis qu'à moitié sarcastique...

dimanche 18 décembre 2011

Une autre controverse à propos du dernier prix Nobel de médecine 2011, révélatrice d'enjeux de pouvoir en science

Cette nouvelle controverse met en action un ancien "jeune chercheur" qui affirme être le principal auteur de l'article qui a valu le prix Nobel de médecine au directeur de son laboratoire, dont le plus grand mérite semble être les contacts et l'habileté politique.
Cette affirmation me semble - hélas pour l'intégrité de la science - être entièrement crédible et décrire un état de situation fréquent en recherche biomédicale, en sciences de la nature et en sciences de l'éducation. En effet, dans ces sciences, la pratique "normale" est d'attribuer chaque article publié dans une revue scientifique à de nombreux co-auteurs : les chercheurs principaux, les co-chercheurs, les assistants de recherche et même parfois les dirigeants du laboratoire qui ne connaissent même pas le contenu de la recherche ainsi publiée. Cette pratique valorise certes le travail d'équipe, mais assure aussi à chaque co-auteur une publication supplémentaire à mettre dans son cv, notamment dans le cas des directeurs ou directrices de thèse qui mettent leur nom à côté de celui de leur étudiant-e même si tout le travail (recherche et écriture) a été effectué par l'étudiant-e. Cette pratique a beaucoup moins cours en sciences humaines et sociales où, en général, seul signe un article celui ou celle qui l'a écrit, mais il ou elle doit mentionner dans ses remerciements toutes les personnes et institutions qui l'ont appuyé-e.
Il semble que le principe qui justifie cette pratique est que le directeur ou la directrice du labo, de l'équipe ou de la thèse a fourni l'argent et les moyens techniques nécessaires à la recherche. Ce principe est fragile face à la corruption: qu'arrivera-t-il quand les organisations commanditaires voudront mettre le nom de leur PDG parmi les co-auteurs d'un article sur la recherche qu'elles ont financées?
Les directeurs et directrices ont peut-être aussi donné leur avis sur le texte à un moment donné ou partagé une idée avec l'auteur : leur statut de co-auteur leur serait donné en contrepartie? Une idée doit-elle ainsi toujours être rémunérée symboliquement?
Une autre possibilité est que l'auteur du texte ne soit qu'un rédacteur technique qui applique un modèle déjà prévu d'écriture d'article scientifique. Dans ce cas, qu'est-ce qu'être un chercheur?
La pratique qui a cours en sciences biomédicales, de la nature et de l'éducation montre que les rapports hiérarchiques dans l'institution scientifique se reflètent dans l'écriture des articles scientifiques. Certes, dans certaines revues scientifiques, la description de la répartition des responsabilités dans la fabrication du texte est clairement indiquée (certaines revues médicales l'exigent en raison du phénomène du Ghostwriting), mais dans la plupart des revues, ce n'est pas encore une pratique adoptée.
Les étudiants tolèrent cette pratique probablement pour "faire comme les autres", parce qu'ils en profitent quand leur nom apparaît sur un article auquel ils n'ont pas contribué ou par crainte de déplaire à la hiérarchie universitaire qui leur attribue des bourses et une place dans les laboratoires.
Il est temps que la discussion commence sur cette pratique dont les valeurs sous-jacentes ne semblent pas très compatibles avec l'idéal d'une science non marchande, généreuse et ouverte sur le bien commun.
Nobel Prize for Immunologists Provokes Yet Another Debate - ScienceInsider

jeudi 15 décembre 2011

Un autre journalisme scientifique ?

Réflexion inspirée par deux billets de deux journalistes scientifiques, Pascal Lapointe et Pierre Barthélémy.

J'ai moi aussi l'intuition qu'il est possible de proposer aux lecteurs un "autre" journalisme scientifique qui les intéressera davantage que les communiqués de presse sur la découverte X par le Dr Y publiée dans la revue Z.
Ce journalisme ne se limiterait pas à faire, au nom de la "nécessaire" promotion de la culture scientifique, l'apologie des grands experts, ces nouveaux héros capables à la fois de faire des découvertes, de conseiller des gouvernements et aussi, de plus en plus, de générer des millions de dollars ou d'euros.
Ce serait un journalisme qui mettrait en contexte à la fois le processus scientifique ayant mené à la découverte ou aux résultats en question et le domaine auquel il s'applique. Il est frappant, par exemple, de constater que les articles actuellement les plus complets et les mieux faits sur la recherche pharmaceutique se trouvent dans les pages "affaires" ou "Business" des grands quotidiens. Ces textes mettent en relation la recherche scientifique biomédicale avec les débats sur les soins de santé, sur la démographie, sur la consommation, sur le capitalisme, sur les conflits d'intérêts, etc. de manière à en montrer les ramifications politiques, environnementales, sociales, économiques, et ainsi de suite. La recherche scientifique apparaît alors bien ancrée dans son époque, dans le monde d'aujourd'hui, ce qui la rend passionnante.
J'attends donc avec impatience de lire des journalistes scientifiques qui se définissent autrement que comme des "passeurs de science", des promoteurs de la science, des relais de ces "pauvres chercheurs incapables de se mettre au niveau de la populace" et qui en demeurent alors ignorés...
Je veux lire des textes qui mettent en contexte des processus scientifiques et qui n'hésitent pas à critiquer la science qui se fait, tout comme les textes des critiques d'art qui ne sont pas les perroquets des artistes, mais qui évaluent constamment et sans complaisance leur performance de toutes sortes de points de vue. Je veux lire des textes qui proposent des calculs sur les investissements dans un domaine scientifique et les impacts qui en découlent; qui démasquent les conflits d'intérêts les plus flagrants pour mieux mettre en lumière les chercheurs intègres; qui questionnent l'institution scientifique sur des "trous" dans la connaissance, des thèmes qui n'ont jamais été étudiés. En somme, du bon journalisme appliqué à la science comme institution au coeur de nos sociétés et non comme instance mystérieuse qui génère de temps en temps de quoi faire un papier.

Sarkozy's University Reform Will Deeply Change The French Economy

Un billet de blog qui fait une excellente synthèse (en anglais!) de la réforme actuelle des universités françaises. Avec la réforme, elles entrent de plain-pied dans l'économie du savoir en ajoutant à leurs missions traditionnelles de formation et de création de connaissances celles de la "professionnalisation" des étudiants et de la valorisation des inventions scientifiques par la commercialisation. Les nouvelles universités deviendront des moteurs de l'économie de leur région au lieu d'être des satellites de Paris, selon l'analyse. Il sera intéressant de suivre l'évolution de ces nouvelles universités "américanisées" en France et de comprendre l'impact de cette réforme sur la "pensée" française.

Sarkozy's University Reform Will Deeply Change The French Economy - Strategy of Innovation

mercredi 14 décembre 2011

La science économique, ce n’est pas la pensée unique !

Excellent texte sur l'enseignement de l'économie à l'université. L'auteur, un professeur d'économie de Harvard, décrit la tentation de ses collègues de simplifier le contenu de cet enseignement en faisant passer le néolibéralisme comme équivalent à LA pensée économique, se fondant (paresseusement) sur le constat que c'est actuellement la pensée économique dominante des élites (malgré tous ses échecs). En fait, comme toutes les sciences sociales, de nombreuses théories et controverses traversent cette science. Ce qui est intéressant ici, c'est que ce sont les étudiants qui ont protesté contre ce qui leur était enseigné, notant l'incapacité de ces théoriciens du néolibéralisme à prévoir et surtout à prévenir de leurs conseils la crise économique dans laquelle nous nous trouvons actuellement.

La science économique, ce n’est pas la pensée unique ! | Économie Liban | L'Orient-Le Jour

mardi 13 décembre 2011

Un modèle de déclaration d'intérêts financiers pour un universitaire

Dans cette page de son site, le professeur Lawrence Lessig, directeur du Edmond J. Safra Foundation Center for Ethics at Harvard University, fait une déclaration de ses intérêts financiers et affirme le principe qui guide son refus de la corruption financière de ses travaux de recherche:
I never promote as policy a position that I have been paid to advise about, consult upon, or write about. If payment is made to an institution that might reasonably be said to benefit me indirectly, then I will either follow the same rule, or disclose the payment.
Une source d'inspiration et de réflexion: Lessig.Info: Disclosure Statement

Tout un contraste avec l'attitude de la pharmaceutique Merck qui évoque "sans complexe" la perspective de la corruption des médecins susceptibles de la critiquer. Voir à ce sujet le reportage étonnant publié dans Libération.

La médecine personnalisée: un label scientifique ou un but pour la pratique de la médecine?

Pour ceux et celles qui s'intéressent à la question de la "médecine personnalisée", en fait la médecine basée sur la pharmaco-génomique, et ses techniques de lobbyisme et de marketing, voici un éditorial très subtil du Canadian Medical Association Journal sur l'ambiguïté du terme "médecine personnalisée". Alors que ce terme laisse entrevoir une médecine humanisée, plus à l'écoute des patients, il désigne en fait une médecine centrée sur le dépistage par des tests génétiques, encouragées par l'industrie qui fabrique ces tests.

Personalized medicine: a windfall for science, but what about patients?

jeudi 8 décembre 2011

« Vérités scientifiques et démocratie », colloque à l'Assemblée nationale de Paris, retransmis sur Internet

À l'Assemblée nationale française aujourd'hui, un court colloque exceptionnel qui réunit des chercheurs de l'Académie des sciences, des élus de l'Assemblée nationale et des ministres à propos des liens entre le pouvoir et le savoir". Ces derniers sont, selon la brillante et éclairante allocution de Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée nationale, essentiels à la France "s'ils sont guidés par l'intérêt général". L'affaire du Médiator et l'accident de Fukushima sont clairement en arrière-plan de ce colloque. Ce colloque a aussi été l'occasion d'annoncer que le récent Comité d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée nationale va évaluer la mise en oeuvre du principe de précaution en France.
Dans ce colloque, on entend une chimiste expliquer qu' "il ne faut pas empêcher des expériences scientifiques de se réaliser au nom de la démocratie et de ses valeurs, parce que c'est comme ça que la science avance, même si ça oppose parfois la science et la société", mais aussi une juriste, Christine Noiville, expliquer brillamment que c'est l'absence de démocratie en science qui conduit les citoyens à se méfier et à moins appuyer l'innovation. Elle explique ensuite que la demande des citoyens de débattre davantage de la science n'a pour but de limiter la liberté des chercheurs, mais d'appliquer les règles de l'Etat de droit à une institution, la science, qui a des effets majeurs sur la vie des société humaines et des individus. Cette juriste évoque aussi la "demande massive des citoyens pour la prévention des conflits d'intérêts en science", leur droit de débattre des "bienfaits sociétaux" des nouveaux champs de recherche et celui de vérifier que la recherche suit au plus prêt l'intérêt général. Sa conclusion: si on veut préserver la science, il faut qu'on la discute, qu'on en débatte, mais sans que ça corsette la science et que ça handicape les chercheurs.



LCP Assemblée nationale | Evènements : Colloque scientifique : « Vérités scientifiques et démocratie » avec Jean Baechler, Claude Birraux, Etienne Klein, Jean-Yves Le Déaut, Cédric Villani, Christine Noiville, Bernard Accoyer, Luc Chatel, Catherine Bréchignac

mercredi 7 décembre 2011

La création d'un supervirus fait polémique - LeMonde.fr

Un bon exemple pour l'enseignement contemporain de la responsabilité sociale des chercheurs et des universités et de l'éthique de la responsabilité en science.

La création d'un supervirus fait polémique - LeMonde.fr

jeudi 1 décembre 2011

Quand l’Université devient usine à diplômes - Texte et entrevue avec Normand Baillargeon, professeur à l'UQAM

Très intéressante discussion avec un professeur d'université québécois inquiet de ce que devient l'université soumise au projet néolibéral. Normand Baillargeon vient de publier aux éditions Poètes de brousse un petit essai intitulé Je ne suis pas une PME - Plaidoyer pour une université publique.

Quand l’Université devient usine à diplômes ? - Entrevue avec Normand Baillargeon - Le Journal des Alternatives

Normand Baillargeon a aussi publié un résumé de sa position dans le nouveau magazine Découvrir de l'ACFAS: "Je soutiens qu’un certain discours, souvent appelé « néolibéral », ainsi que les pratiques qu’il a inspirées depuis plus de deux décennies ont profondément ébranlé l’idéal incarné par l’université.", dit-il.