lundi 28 février 2011

Quand le vivant devient politique. Les avatars de la démocratie technique - Sociologie et sociétés | Volume 42, numéro 2, automne 2010

Voici le résumé de ce numéro très intéressant:

Sous la direction de Virginie Tournay

Comment une technologie passe-t-elle du statut restreint d’assemblage matériel de laboratoire à celui d’objet fortement controversé ayant une réalité publique ? Les travaux issus de la sociologie des sciences et des techniques ainsi que des sciences de gouvernement suggèrent que la réalité publique d’une technologie est le produit d’un travail complexe où les modalités scientifiques et politiques sont difficilement séparables les unes des autres. Si bien que la question de l’impact social des technologies émergentes laisse progressivement la place à des interrogations autour des conditions de leur présence publique.

Les contributeurs de ce numéro de Sociologie et sociétés interrogent plus spécifiquement les modes de présence publique des technologies du vivant. Suivre la trajectoire de ces assemblages technologiques présente la particularité de révéler une multiplicité de modes d’existence corporels. En effet, les scientifiques et les acteurs politiques sont confrontés à des entités qui prolifèrent, qui ne se reproduisent pas à l’identique et qui se transforment parfois de façon imprévisible. Dans cette perspective, la gouvernance des biotechnologies définit un très bon laboratoire social pour expérimenter les actions collectives et plus particulièrement les dynamiques institutionnelles. Ce numéro constitue un plaidoyer visant à porter une attention plus soutenue au déploiement concret des activités institutionnelles dans leurs ramifications les plus lointaines sans préjuger de frontières aux collectifs que l’on définit ou de projets préconçus aux acteurs que l’on étudie.


Érudit | Sociologie et sociétés | Volume 42, numéro 2, automne 2010

Formation et manifeste du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste

Voici le texte du MANIFESTE GAZ DE SCHISTE:

Prise de position sur le caractère inacceptable du projet de développement de la filière du gaz de schiste et en faveur d’une nouvelle politique énergétique axée sur l’efficacité et les énergies renouvelables.

POUR PUBLICATION IMMÉDIATE

Montréal, 1er mars 2011. Notre collectif regroupe des scientifiques de différents champs disciplinaires. En complémentarité avec l’initiative individuelle de plusieurs d’entre nous, il importe maintenant de joindre notre voix collective au débat en cours et d’exprimer fermement notre demande de moratoire : il s’agit là d’une mesure d’urgence. Le regard critique que nous portons sur le projet de développement de la filière du gaz de schiste au Québec nous amène à constater en effet qu’il ne rencontre aucun critère d’acceptabilité. Nous demandons également qu’en toute transparence, le rapport du BAPE soit rendu public dans les meilleurs délais pour fins d’analyses par une diversité d’experts.

Sans études préalables ni débat public, le gouvernement du Québec s’est appuyé sur un système législatif désuet et inadéquat pour céder nos ressources à l’entreprise privée et imposer à la population un projet à hauts risques écologiques, sanitaires et économiques, à l’encontre du bien commun. Malgré le manque de transparence des promoteurs et la piètre qualité de leurs données initiales, le vaste débat social qui s’est animé au cours des douze derniers mois a permis de mettre en lumière ou de construire et de partager de larges pans de savoirs sur la question. L’information dont nous disposons actuellement sur le projet du gaz de schiste et sur l’alternative énergétique nous amène à statuer sur la non pertinence du développement de cette filière gazière. Il s’agit en effet d’une entreprise extensive et invasive, dont les impacts se feront sentir sur un très large territoire et à long terme. Une telle industrie – en pleine zone agricole – porte atteinte à la qualité de l’eau et de l’air et pose des risques pour la santé et la sécurité des populations et des écosystèmes. Elle s’avère peu rentable et pourra même coûter cher à notre société en termes d’externalités.

Le projet de développement du gaz de schiste présente des problèmes structurels majeurs : 1) changement de stratégie énergétique – sans débat social – pour l’entrée en scène du Québec dans la production et la consommation accrue d’hydrocarbures, alors qu’il importe de réduire les émissions de gaz à effet de serre; 2) basculement du mode de gestion de nos ressources énergétiques vers le privé; 3) atteinte à la démocratie participative avec le maintien des dispositions aliénantes de la Loi sur les mines. Nous demandons que soit stoppé ce projet, qu’il soit étudié sous toutes ses facettes — sociales, environnementales et économiques — et que soient mises en place les conditions d’un processus démocratique conduisant à l’émergence d’une véritable stratégie énergétique axée sur l’efficacité et les énergies renouvelables, à la hauteur des aspirations, de la capacité inventive et des compétences existantes au sein de notre société québécoise.

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Pour information, communiquer avec Lucie Sauvé, Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement, UQAM – 514-987-6992 – sauve.lucie@uqam.ca
Mise à jour le Lundi, 28 Février 2011 01:25

Association Chercheurs Sans Frontières - Free Science

Lancement d'une association dont le but est de défendre la liberté de recherche partout où elle est menacée. À noter que, contrairement à Médecins sans frontières, Ingénieurs sans frontières, avocats sans frontières, etc., ce groupe ne vise pas à mettre la recherche au service des pays ou des groupes les plus pauvres, mais à protéger les chercheurs contre les abus de l'industrie et du pouvoir politique. Il est dommage que le nom choisi porte à confusion et que l'objectif de partager la connaissance scientifique ne soit pas clairement énoncé...

Voici comment elle se présente: Nous sommes un collectif de chercheurs et d'enseignants-chercheurs, français et étrangers, qui, face au nombre toujours croissant de scientifiques mis en danger ou empêchés dans leur activité de recherche, ont décidé de créer une organisation non gouvernementale internationale, transdisciplinaire et pluraliste qui permette d'alerter, d'informer et de mobiliser pour protéger et soutenir la liberté de la recherche à travers le monde.

Et voici le texte de son appel:

La liberté de chercher, de penser et de s’exprimer n’est plus garantie nulle part. Les menaces s’accumulent à l’endroit des scientifiques : leur autonomie est moins bien assurée face aux puissances politiques et économiques, ils sont physiquement menacés dans certains pays et, ici ou là, la science n’a tout simplement pas droit de cité. Depuis longtemps, des sanctions touchent les chercheurs opérant sur des secteurs sensibles : censure, calomnie, dissuasion auprès des étudiants, refus des promotions, privation de crédits… Pour certains, l’obtention de moyens implique l’abandon de recherches à risque, induisant une dérive utilitariste de la recherche expérimentale. Les pressions se font maintenant plus pernicieuses : l’assignation en justice, nouveau moyen coercitif internationalisé, marque une montée du cynisme pour réduire les scientifiques au silence. C’est une véritable guerre contre les idées que mènent ceux qui ont le pouvoir économique et politique de les contrôler. La possibilité même d’une science libre est en danger. Nous ne pouvons plus ignorer ces menaces ni ces inégalités. Il est temps que la communauté des scientifiques s’empare de la protection et du développement de la recherche, quels que soient les pays et les disciplines concernés. En l’espèce, la conquête des savoirs va de pair avec la démocratie et impose de briser l’isolement individuel ou disciplinaire des scientifiques face à des forces qui les dépassent. Par cette action collective, ils préserveront leur dignité et leur intégrité.

Une association pluridisciplinaire, internationale et pluraliste doit fédérer les volontés et les moyens : mutualiste, elle apportera son aide juridique et financière aux chercheurs physiquement ou moralement en danger ; militante, elle s’efforcera d’imposer des conditions légales et pratiques favorables au travail scientifique ; humanitaire, elle oeuvrera pour une plus juste répartition des ressources, et ainsi pour le droit à l’éducation scientifique. En conjuguant les actions singulières de secours individuel et la défense générale de la cause de la science, cette ONG entend contribuer au progrès de la liberté de chercher et de penser à travers le monde.


Chercheurs Sans Frontières - Free Science

samedi 26 février 2011

Histoire des politiques scientifiques françasies

"Heurs et malheurs d'une politique scientifique à la française"

Conférence donnée à l'Association Mémo-Sciences par Jean-François Picard (Académie royale des sciences de Belgique, 22-23 avril 2005)

Depuis quelques années, la crise de la recherche française révèle l'hostilité récurrente de la communauté scientifique vis-à-vis du pilotage de la science par les pouvoirs publics. Cette fois, la contestation rapproche des jeunes scientifiques du mouvement 'sauvons la recherche!' qui manifestent contre la suppression de postes dans la fonction publique et des scientifiques seniors qui prônent l'assouplissement de règles administratives auxquelles ils reprochent d'entraver le fonctionnement de leurs laboratoires. Derrière ces revendications apparemment contradictoires - faut il plus ou moins d'Etat dans l'organisation de la recherche? - se profile une rhétorique des sciences fondamentales se disant menacées par les visées utilitaristes des politiques scientifiques. Mais on peut s'interroger, faut-il parler d'une crise de la recherche ou d'un problème de chercheurs ?


Pour lire la suite: Histoire des politiques scientifiques françaises

Magnifique texte de Federico Mayor et Evry Shatzman sur les rapports science et société, l'éthique et la démocratie

Extrait de l'article "Science et sociétés" dans l'Encyclopedia Universalis.

La science doit se doter d'une conscience. Les chercheurs ne doivent pas rester dans leur tour d'ivoire, ils doivent s'exprimer ; ils doivent s'intéresser de plus près au processus de la prise de décisions et, dans la mesure du possible, s'y intégrer au lieu d'en faire trop souvent l'objet. Ils doivent être libres d'informer et de conseiller sans se laisser réduire au simple rôle d'outils dont l'usage est déterminé par le profit ou le goût du pouvoir.

Dans le passé, la responsabilité des chercheurs vis-à-vis de la société portait quasi exclusivement sur la qualité scientifique de leurs travaux. La science semblait neutre – tout au moins aux yeux des chercheurs eux-mêmes. Si les choses tournaient mal, on en imputait la faute aux chefs d'entreprise, aux ingénieurs, aux banquiers, aux militaires ou aux politiciens qui n'avaient pas su exploiter les découvertes scientifiques à bon escient. Or on s'aperçoit de plus en plus de nos jours que cette position est intenable et que la responsabilité des scientifiques revêt une nouvelle dimension morale. La quête du savoir est toujours positive, et si les scientifiques se doivent d'œuvrer au progrès d'un savoir qui aille dans le sens de la paix, ils ne peuvent décliner toute responsabilité quant aux applications pratiques de leurs recherches sans méconnaître le lien étroit qui relie la science à la technologie. Bref, on ne saurait dissocier le processus scientifique du produit final potentiel.

Il apparaît de plus en plus clairement que les chercheurs ne sont pas les uniques arbitres de la valeur de leurs travaux et des incidences de ceux-ci sur la société. Mais, alors, qui doit déterminer les priorités et les choix de la science et de la technologie ? Sur la base de quels objectifs ? Comment définir démocratiquement les risques pouvant être considérés comme « acceptables » ? Quel est le niveau de responsabilité individuelle et collective vis-à-vis des générations actuelles comme des générations futures que l'on peut attendre des scientifiques ?

Cette réflexion éthique appelle un échange libre et ouvert de données d'expériences et d'idées entre les chercheurs, les décideurs et les représentants de la société civile dans toute sa diversité. Ensemble, ils peuvent identifier les problèmes, fixer des repères et préconiser un éventail d'options hardies. La solution, ici encore, réside dans la démocratie et dans une participation éclairée des citoyens. La démocratie est le seul cadre conceptuel qui permette d'éliminer la polarisation séculaire et néfaste du débat sur la science et la société.


Pour lire tout le chapitre (sur abonnement)

Science the Endless Frontier: un rapport de 1944 fondateur des rapports science-société aux États-Unis

En 1945, le principal conseiller scientifique du Président Roosevelt et cheville ouvrière du projet Manhattan sur la bombe atomique, Vannevar Bush, a déposé un rapport qui pose les fondations de la science contemporaine : le gouvernement la subventionne sans agenda trop précis, confiant qu'il en sortira du bon pour le pays, seuls les pairs évaluent la qualité de la science - etc. Dans l'Encyclopedia Universalis, voici comment ce moment important est décrit:

"L'infrastructure scientifique actuelle, fruit de l'histoire, résulte d'un « contrat » tacite entre la science et la société, en vigueur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale – un contrat par lequel les gouvernements s'engageaient à financer la recherche fondamentale dans les universités et les institutions scientifiques en ne leur donnant que peu de directives sur la manière d'utiliser les fonds qui lui étaient alloués. Ce contrat a été formulé pour la première fois dans un rapport qui a fait date : Science-The Endless Frontier, établi en 1945 par Vannevar Bush à l'intention de Harry S. Truman, qui était alors le président des États-Unis. Ce rapport partait de l'hypothèse implicite que ces investissements de l'État se traduiraient par un accroissement de la masse globale de connaissances exploitables d'où découleraient naturellement des avantages pour la société : croissance économique, santé publique, prestige national et, surtout, sécurité nationale. Pour la société, la science était le seul partenaire avec lequel elle pouvait conclure un tel contrat, car aucune autre institution – réelle ou imaginée – n'avait le potentiel requis pour répondre à ses besoins." (Mayor et Shatzman, article Sciences et société, en ligne).

Les politiques scientifiques actuelles sont=elles en train de modifier ce contrat tacite?

Science the Endless Frontier

Une histoire d'amour entre l'État et l'industrie

Un vidéo hilarant de Greenpeace sur une histoire d'amour entre un ministre de l'environnement et une industrielle du pétrole - métaphore pour décrire les liens beaucoup trop étroits entre l'État et l'industrie, au détriment de toutes les autres valeurs.

http://www.polluterharmony.ca/

L'UQAM interroge - «Il faut faire de la bonne recherche, qu'elle soit appliquée ou fondamentale» | Le Devoir

Une entrevue avec Yves Mauffette, le vice-recteur à la recherche et à la création de l'UQAM, qui s'inquiète de la SQRI (stratégie québécoise de recherche et d'innovation) et, plus largement, du manque de vision de cette stratégie quant aux rôles des sciences sociales et humaines et même de la "science citoyenne" (le mot est dit!) dans le développement durable. Bravo!! Enfin un cadre universitaire qui ose critiquer le dogme de l'économie du savoir.

L'UQAM interroge - «Il faut faire de la bonne recherche, qu'elle soit appliquée ou fondamentale» | Le Devoir

vendredi 25 février 2011

Exemple d'une recherche scientifique collaborative, impliquant des milliers de citoyens

Article de Science Insider

Éthique du journalisme scientifique

Je suis scandalisée par un billet de blogue de l'Agence Science Presse qui fait l'apologie des OGM et du RoundUp, le pesticide bien connu de Monsanto, sans faire allusion à Monsanto ni à l'industrie en général ni à l'impact négatif ou même inconnu sur la santé des OGM. Même si ce billet résumait une étude (qu'il va falloir lire de près), il n'est pas acceptable que son auteure fasse abstraction à ce point de son esprit critique, de sa connaissance du contexte des OGM et de la controverse sur les OGM qui a fait en sorte que de nombreux pays les interdisent. Si un ou une journaliste scientifique veut véritablement informer son public, son texte ne peut pas faire la promotion de produits industriels sans faire une revue sérieuse des analyses de ces produits et ne peut pas non plus ne présenter qu'une seule expertise. C'est un croisement d'information éclairée et analysée qu'on attend des journalistes. Voici mon commentaire:

Ce billet est étonnamment peu critique face à l'industrie des OGM. On dirait un article promotionnel pour Monsanto, le fabricant du RoundUp. Les pratiques commerciales extrêmement douteuses et sans scrupule de Monsanto ont été parfaitement démontrées dans l'enquête de Marie-Monique Robin, Le monde selon Monsanto. Shiv Shopra, le vétérinaire de Santé Canada qui osé s'opposer à un de leurs produits (hormone de croissance bovine) en sait quelque chose, de même que Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'Université de Caen, Président du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), qui  travaille sur les effets toxiques sur la santé humaine du RoundUp et du maïs transgénique.. Il a mis en doute des résultats d'études produites par Monsanto pour prouver l'innocuité de ses produits (études biaisées, insuffisantes, trop courtes, peu transparentes) et a été ensuite victime d'une campagne d'intimidation de la part de l'industrie. Le 23 novembre dernier, ce "lanceur d'alerte" a osé se rebeller et poursuivre en diffamation l'Association Française des Biotechnologies Végétales, regroupement d'industries. Le 18 janvier, cette Association a été condamnée pour diffamation envers ce chercheur qui se préoccupe avant tout de la santé humaine.
Présenter un domaine scientifique est important, mais parler des OGM sans mentionner l'industrie et ses pressions sur les chercheurs pour faire taire les critiques, c'est vraiment inacceptable.

Union of Concerned Scientists

Voici une organisation américaine indépendante qui se bat pour une science publique et de qualité, libre de toute pression de l'industrie ou du gouvernement. Voici sa présentation officielle:
The Union of Concerned Scientists is the leading science-based nonprofit working for a healthy environment and a safer world. UCS combines independent scientific research and citizen action to develop innovative, practical solutions and to secure responsible changes in government policy, corporate practices, and consumer choices.
What began as a collaboration between students and faculty members at the Massachusetts Institute of Technology in 1969 is now an alliance of more than 250,000 citizens and scientists. UCS members are people from all walks of life: parents and businesspeople, biologists and physicists, teachers and students. Our achievements over the decades show that thoughtful action based on the best available science can help safeguard our future and the future of our planet.
UCS | Union of Concerned Scientists

Scientists Are Cleared of Misuse of Data

From The New York Times:

Scientists Are Cleared of Misuse of Data

Inquiry finds no evidence that scientists at the National Oceanic and Atmospheric Administration manipulated climate data to buttress the evidence in support of global warming.

http://nyti.ms/fSUR5f

jeudi 24 février 2011

The Institute for Nearly Genuine Research

Un site d'un humour extrêmement efficace en guise de critique de la recherche biomédicale dans le domaine de la santé mentale et de toute la mise en scène de la recherche biomédicale en général. On y trouve des parodies d'études cliniques hilarantes, mais hélas très réussies, une galerie de publicités pour des médicaments et des dossiers très fouillés, par exemple sur le marketing du prozac sous forme de comprimés violets "pour les dames" ou de sirop à la menthe pour les enfants. Nombreux sont les analystes qui ont remarqué que les compagnies pharmaceutiques investissaient davantage dans le marketing et la publicité que dans la véritable recherche, jugée pas assez rentable, tout en surévaluant le coût de ces recherches, comme le montre le brillant article de Light et Warbuton "Demythologizing the high costs of pharmaceutical research", accessible aussi librement sur Internet.

Bonkers Institute for Nearly Genuine Research


mercredi 23 février 2011

L'utilité sociale des sciences sociales et humaines

Compte rendu du livre de la philosophe américaine Martha Nussbaum Not for profit: Why Democracy Needs the Humanities : "L’enseignement des humanités est-il un luxe que nos sociétés ne peuvent plus se permettre ? Martha Nussbaum répond qu’au contraire, dans un monde de concurrence économique mondialisée, les humanités ont un intérêt social et politique.".

L'utilité sociale des humanités - La Vie des idées

David Suzuki et la démocratie scientifique

Page extraite de Genethics: the clash between the new genetic and human values, Harvard University Press, 1989. P 20, par David Suzuki et Peter Knudtson (sur Google Books)- Tout lire, mais surtout la dernière phrase!!!

Un plan d'affaires pour développer les soins de santé personnalisés au Québec...

Voici un commentaire que j'ai publié sur le site de l'Agence Science Presse, en réaction à un billet de Pascal Lapointe qui rapportait les doutes des spécialistes quant à la possibilité de développer une telle médecine personnalisée basée sur la génomique:

Effectivement, de tous côtés arrivent des bémols quant à la réelle possibilité de mettre en place des "soins de santé personnalisés" grâce à la médecine génomique et ainsi d'améliorer la santé des populations. La revue Public Library of Science Medicine a publié, par exemple, un texte intitulé "Being More Realistic about the Public Health Impact of Genomic Medicine" qui rappelle que les avantages de cette nouvelle médecine sont loin d'avoir été démontrés. L'excellent Pete Shanks, qui publie un blogue au Center for Genetics and Society, s'étonne avec ironie de lire dans l'étude "Charting a course for genomic medicine from base pairs to bedside," par Eric Green, Mark Gruyer & the National Human Genome Research Institute, que la recherche sur les soins de santé basés sur la génomique est sur le point de commencer. Il en conclut que: "It seems that the engineer's philosophy has taken over science. Deconstructing the genome into its component parts did not work as expected, so now the plan is to replicate its function from scratch? That'll be hard. It may not be impossible, but is this really the best use of resources to promote individual and collective health?"


Et pourtant!


Ces constats n'empêche pas l'État québécois d'investir des millions de dollars dans cette avenue plutôt que de consolider son système de santé. Et surtout, il n'empêche pas l'industrie des biotechnologies de concocter, avec l'appui de l'État et des autorités scientifiques, un plan d'affaires pour développer les soins de santé personnalisés au Québec. Ce plan d'affaires, dont j'ai obtenu le résumé, commence comme suit: "L’initiative québécoise en soins de santé personnalisés (SSP) est une démarche mobilisatrice entreprise en 2010 par l’ensemble du secteur québécois des sciences de la vie et des technologies de la santé (SVTS). Il s’agit d’un projet extrêmement porteur pour les Québécois, le secteur québécois des SVTS, de même que pour le gouvernement du Québec". Que veut dire "extrêmement porteur" et pour qui est-il véritablement porteur? Lisons un peu plus bas, en passant par dessus les paragraphes habituels qui, en opposition avec les résultats scientifiques cités ci-dessus, estiment que ce "changement de paradigme" de la médecine permettra "d’identifier des solutions thérapeutiques et préventives qui sont mieux adaptées aux caractéristiques clés des populations". Selon le regroupement d'industriels et de chercheurs auteurs du plan d'affaires, "les SSP permettent de créer plus de richesse économique car le marché pour ses solutions est en croissance rapide et stimule plusieurs secteurs à haute valeur ajoutée (biotechnologies, pharmaceutiques, technologies de la santé, centres de recherches, TIC, etc) ; des secteurs offrant des emplois hautement qualifiés, bien rémunérés et à haute productivité. " Autrement dit, ça va rapporter!! D'où, peut-être, l'absence d'esprit critique des ministres et du Fonds de la recherche en santé du Québec qui appuient l'initiative et le plan d'affaires. Notons d'ailleurs que ce regroupement a un accès privilégié aux ministres Bolduc et Gignac: "Grandes lignes présentées à MM. Bolduc et Gignac lors de la dernière réunion du CA de Montréal InVivo en décembre 2010 avec accueil très favorable", indique le résumé.


Comme chercheure et citoyenne bien au courant du manque de ressources dans les soins à domicile, dans les services sociaux, dans les services de santé mentale, je suis totalement insatisfaite de la situation.

 J'ai utilisé le matériel de ce commentaire pour rédiger un texte, avec la collaboration de deux collègues, qui est publié sur cette page du blogue : http://www.commissionrecherche.com/2011/04/les-soins-de-sante-personnalises-nous.html

mardi 22 février 2011

Dr. Roy Spencer, un "climato-sceptique et sa prose anti-science

Intéressant de lire la rhétorique des climato-sceptiques et leur théorie alternative pour expliquer les changements climatiques. Quelques phrases suggestives :
-"Is it any wonder that scientists have such a bad reputation among the taxpayers who pay them to play in their ivory tower sandboxes? They can make gloom and doom predictions all day long of events far in the future without ever having to suffer any consequences of being wrong."
-"My theory is that a natural change in cloud cover has caused most of the recent warming. Temperature proxy data from around the world suggests that just about every century in the last 2,000 years has experienced warming or cooling. Why should today’s warmth be manmade, when the Medieval Warm Period was not? Just because we finally have one potential explanation – CO2? "
-"Now, I do agree the supply of fossil fuels is not endless. But we will never actually “run out”…we will just slowly stop trying to extract them as they become increasingly scarce (translation – more expensive). That’s the way the world works.People who claim we are going to wake up one morning and our fossil fuels will be gone are either pandering, or stupid, or both."

Tout le texte: On the House Vote to Defund the IPCC ( From a real Climate Scientist ...Dr. Roy Spencer)

HINARI and the dream of free journal access - SciDev.Net

Le projet HINARI, qui voulait donner un accès libre aux revues scientifiques dans les pays en développement, connaît une crise, sous la pression des intérêts commerciaux.

HINARI and the dream of free journal access - SciDev.Net

L'économie du savoir en action dans le domaine de la génomique au Canada

Voici le début du communiqué:
OTTAWA, Ontario - 1er février 2011 - Génome Canada est heureuse d’annoncer le lancement d’un nouveau programme pilote intitulé Éducation à l’entrepreneuriat en génomique (EEG).
Le présent programme pilote vise à appuyer les initiatives qui montreront aux chercheurs canadiens en génomique comment saisir la valeur et en créer dans leurs travaux de recherche, et comment transformer leurs découvertes en applications, en produits, en technologies, en systèmes et en procédés commercialisables. Après une décennie d’investissements dans la recherche en génomique, une orientation axée sur l’application de la recherche, dans le maintien de l’engagement envers la science d’avant-garde, est la prochaine voie logique dans laquelle Génome Canada doit s’engager pour s’assurer que le nouveau savoir se transformera en des innovations qui rehausseront la prospérité du Canada. Etc.

Une telle candeur dans la présentation du lien entre science et entrepreneuriat montre bien la conviction tranquille de ces acteurs d'être dans le droit chemin, notamment en faisant la promotion de la nouvelle figure idéale (pour le gouvernement et ses partenaires privés) du chercheur-entrepreneur qui doit se préoccuper de "rehausser" la prospérité du Canada et non plus simplement de faire des recherches d'avant-garde (= libres)... Parmi les sommes gérées par Genome Canada, celles reçues par les partenaires industriels semblent plus élevées que celles reçues de l'État. Elles sont d'une ampleur telle qu'il est essentiel d'exiger non seulement plus de transparence sur ce nouvel entrepreneuriat scientifique, mais aussi de faire participer la société civile, les élus et les autres chercheurs au débat sur l'utilisation de ces ressources publiques.

Génome Canada - Communiqués

Communiquer : une obligation pour tous les scientifiques

Un éditorial très intéressant du réseau international Science et développement. Il présente les propositions du Comité de liberté et de responsabilité dans la pratique de la science, qui fait partie du Conseil international des Unions scientifiques (CIUS). Selon ces directives, "tous les scientifiques auraient la responsabilité de veiller à ce que les résultats de leurs recherches soient communiqués efficacement à la société dans son sens large", au besoin en utilisant Internet. Cette responsabilité de communiquer serait la base d'une nouvelle conception des rapports entre les scientifiques et la société.

Communiquer : une obligation pour tous les scientifiques - SciDev.Net

Entrevue radio sur les rapports entre science, société et démocratie

Entrevue de 15 minutes que j'ai faite en direct dans le cadre de l'émission Futur simple à la radio CKRL de Québec le 11 novembre 2010.

Place de la science dans la société, émission Futur simple

lundi 21 février 2011

Un vote des représentants américains contre le financement de la recherche sur le climat

et l'occasion de lire une citation exemplaire d'un élu américain:

Is it any wonder that scientists have such a bad reputation among the taxpayers who pay them to play in their ivory tower sandboxes? They can make gloom and doom predictions all day long of events far in the future without ever having to suffer any consequences of being wrong.

http://news.sciencemag.org/scienceinsider/2011/02/scientists-criticize-house-vote-.html?ref=wp

Turning on the light of Muslim science - The Globe and Mail

Réflexion optimiste sur les liens entre la science dans les pays musulmans et les révolutions qui s'y produisent.

Turning on the light of Muslim science - The Globe and Mail

Programme REPERE en France : Réseau d'échanges et de projets sur le pilotage de la recherche et de l'expertise

Un programme très intéressant lancé par le gouvernement français (Ministère de l'écologie, du développement durable, du transport et du logement) qui vise à faire davantage participer le groupes de la société civile à la recherche sur le développement durable.

Voici une description du programme:

Le programme REPERE est conçu comme une plate-forme de dialogue, de propositions et d’expérimentations explorant les voies de la participation de la société civile organisée au pilotage de la recherche et à l’expertise, pour une meilleure contribution aux politiques du développement durable. REPERE porte une double finalité : d’une part, mettre en évidence les conditions d’une réforme intégrant la participation des organisations de la société civile dans la gouvernance de la recherche et dans l’élaboration de l’expertise et d’autre part, développer la réflexion conjointe entre organismes de recherche et organisations de la société civile à partir de l’expérimentation des formes de participation. Le programme REPERE comprend les appels à projets et des séminaires de travail pour accompagner la réflexion des différentes parties prenantes, à l’instar du Forum des associations organisé par NSS Dialogues (« Repenser le développement : la société civile s’engage », Cité Internationale Universitaire, Paris, 20, 21 et 22 janvier 2011).

Il faudra évaluer quelle place y sera faite à la critique des actions gouvernementales par les groupes de la société civile. Autrement dit, est-ce un réseau qui permettra la critique ou qui visera à légitimer les actions du gouvernement en les cautionnant par la présence des groupes non gouvernementaux dans la réflexion préalable ? Toutefois, c'est une expérience à suivre attentivement.

Programme REPERE

Dixième anniversaire du séquençage du génome humain, par Sheila Jasanoff et d'autres

Bref texte d'une remarquable analyste des rapports entre science et société, la professeure Sheila Jasanoff. Son texte est suivi d'autres essais publiés dans Science.

A Living Constitution

dimanche 20 février 2011

Open Medicine: revue médicale canadienne à comité de lecture et en libre accès, exemple de médecine 2.0

Présentation de la revue canadienne Open Medicine, née en 2007, qui propose ses articles en accès libre et offre aux lecteurs la possibilité de commenter les articles : un exemple de science en ligne.
Open medicine
Open Medicine: revue médicale canadienne à comité de lecture et en libre accès, exemple de médecine 2.0 : Pharmacritique

Neoliberalism, conflict of interest, and the governance of health research in Canada - Steven Lewis

Réflexion sur la nomination d'un haut cadre de la pharmaceutique Pfizer au conseil d'administration des Instituts de recherche en santé du Canada (recherche publique) en laquelle l'auteur, Steven Lewis, voit un exemple de ce que donne la politique publique scientifique canadienne orientée vers l'économie du savoir ou la capitalisme cognitif: vendre la recherche publique au plus offrant... Tout le dossier est intéressant.
Neoliberalism, conflict of interest, and the governance of health research in Canada

Faut-il dénoncer les fraudes scientifiques?

Voici un article de l'Agence Science presse de 2007 sur la dénonciation des fraudes et l'impact de telles dénonciations sur la carrière d'un chercheur...
Faut-il dénoncer les fraudes scientifiques? | Agence Science-Presse

Et voici un article dans le New England Journal of Medicine sur le whistleblowing dans l'industrie pharmaceutique:
http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMsr0912039

GaïaPresse - Dossier sur les gaz de schiste au Québec

Sur ce site sont archivées toutes les nouvelles et tous les communiqués reliés à la controverse sur les gaz de schiste au Québec.
GaïaPresse - Le portail de nouvelles sur l'environnement au Québec

Recherche publique ou recherche privée: laquelle est la plus efficace?

Face à l'incapacité de l'industrie pharmaceutique privée de développer de nouveaux médicaments, l'État américain va créer un centre de recherche public. Voilà qui en dit long sur l'efficacité de l'économie du savoir à stimuler l'innovation par des partenariats avec l'industrie privée!! En espérant que le gouvernement québécois se "réveille" alors que les compagnies de génétique de Montréal s'unissent pour développer un plan d'affaires autour de la médecine génomique/personnalisée.
Federal Research Center Will Help Develop Medicines - NYTimes.com

Voici aussi une entrevue très intéressante avec le Dr Nissen, un cardiologue qui refuse la rhétorique de l'industrie pharmaceutique attribuant à un excès de régulation le faible nombre de nouveaux médicaments approuvés. Il indique qu'il vaut mieux moins de médicaments, mais de meilleurs. Il signale aussi que l'industrie fait surtout des copies de médicaments et investit dans leur marketing au lieu d'investir réellement dans l'innovation, plus incertaine et imprévisible.
Nissen Says Better Drugs, Not More, Needed in U.S.

Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine montre que la recherche publique a produit plus de nouveaux médicaments et vaccins que ce qu'on pense. Voici son résumé:
Historically, public-sector researchers have performed the upstream, basic research that elucidated the underlying mechanisms of disease and identified promising points of intervention, whereas corporate researchers have performed the downstream, applied research resulting in the discovery of drugs for the treatment of diseases and have carried out development activities to bring them to market. However, the boundaries between the roles of the public and private sectors have shifted substantially since the dawn of the biotechnology era, and the public sector now has a much more direct role in the applied-research phase of drug discovery. We identified new drugs and vaccines approved by the Food and Drug Administration (FDA) that were discovered by public-sector research institutions (PSRIs) and classified them according to their therapeutic category and potential therapeutic effect. We found that during the past 40 years, 153 new FDA-approved drugs, vaccines, or new indications for existing drugs were discovered through research carried out in PSRIs. These drugs included 93 small-molecule drugs, 36 biologic agents, 15 vaccines, 8 in vivo diagnostic materials, and 1 over-the-counter drug. More than half of these drugs have been used in the treatment or prevention of cancer or infectious diseases. PSRI-discovered drugs are expected to have a disproportionately large therapeutic effect. Public-sector research has had a more immediate effect on improving public health than was previously realized.
Pour lire cet article au complet

Dérapage dans le processus d'évaluation par les pairs

Ce billet de blogue rapporte deux cas récents de dérapage du processus d'évaluation par les pairs: un évaluateur montre à une firme pharmaceutique qui l'emploie un texte qu'il devait évaluer et qui montre des résultats négatifs pour un des produits de la firme en question. Deux problèmes de "déontologie": un conflit d'intérêt non déclaré de l'évaluateur et un bris de la convention de confidentialité. Mais surtout, le choix fait par ces chercheurs de privilégier leur employeur-industriel au détriment de la santé publique.

Hooked: Ethics, Medicine, and Pharma: It's Happened Again--Journal Reviewer Leaks Manuscript to Firm

Scientific Misconduct Blog

Un blogue consacré aux fraudeurs scientifiques, avec une liste de cas récents.
Scientific Misconduct Blog

L'influence du néolibéralisme dans les universités

Extrait d'une discussion sur les scientifiques et la politique:

Il y a une grande tradition de gauche parmi les scientifiques, mais il y a aussi des chercheurs qui, sous l'impulsion de l'économie du savoir promue par les politiques publiques, se transforment en capitaines d'industrie et finissent par parler davantage d'investissements et de rentabilité que de justice et de préservation de la paix. Ces chercheurs ont bien plus appris à faire des plans d'affaires qu'à dialoguer avec leurs concitoyens non experts et non industriels! Or ce sont eux qui reçoivent des prix, qui sont valorisés par les médias, qui servent de modèle aux jeunes chercheurs, etc. Comment croire que ces "leaders" ne développent pas une pensée qui tend à privilégier le "nouvel esprit du capitalisme" (et l'industrie) par rapport aux autres postures politiques qualifiées de "naïves"?
Lors de mon arrivée comme professeure-chercheure à l'Université Laval, le vice-recteur à la recherche nous a proposé une métaphore surprenante, mais efficace: il nous a expliqué que les jeunes chercheurs étaient comme des joueurs de football en plein match. S'ils réussissent à décrocher le pactole (=attraper la balle), il faut qu'ils le conservent à tout prix, quitte à écraser tous ceux qui les entourent. Pas un mot sur la responsabilité sociale, l'engagement dans la communauté, la critique du pouvoir et autres idéaux qui ont pourtant mobilisé de nombreux chercheurs il y a 40 ans. Lisez les plans de développement de la recherche dans les universités québécoises... C'est de la planification stratégique dans un contexte de compétition et non le fruit d'un débat collectif sur les priorités de la recherche pour la collectivité.
Comment attendre des chercheurs qui baignent dans ce climat de travail qu'ils accordent une prépondérance à leur souci du bien commun, quitte à dire la vérité au pouvoir, à ne pas être complaisants? Heureusement, le colloque "Une autre science est possible" et d'autres mouvements dans la société civile montre que des chercheurs mobilisés avant tout par ce souci et par une conscience de leur responsabilité sociale existent, mais, hélas, qu'il y a peu de lieux publics, au sein de la science ou dans l'espace public, qui les accueillent.

Sur ce sujet, lire aussi cet article de Jennifer Washburn intitulé Academic Freedom and the Corporate University, publié par l'Association américaine des professeurs d'université, ainsi que ce billet de blogue de Howard Brody.

OpenEdition Freemium

Un texte du fondateur de revues.org, Marin Dacos, sur une nouvelle stratégie qui permettra aux revues qui choisissent de publier en accès libre d'être mieux diffusées et même d'en retirer un revenu!!

OpenEdition Freemium - OpenEdition

Livres intéressants sur les rapports entre la science et la démocratie

- The Science of Liberty: Democracy, Reason, and the Laws of Nature (9780060781514): Timothy Ferris: Books

- A People's History of Science: Miners, Midwives, and Low Mechanicks (Nation Books) (9781560257486): Clifford D. Conner: Books

- Never Pure: Historical Studies of Science as if It Was Produced by People with Bodies, Situated in Time, Space, Culture: Steven Shapin: Books

-The Scientific Life: A Moral History of a Late Modern Vocation: Steven Shapin: Books

PS Le lien sur Amazon.ca est utile, car les livres y sont bien présentés, mais ils sont disponibles par le biais de toute bonne librairie.

Vie de thésarde - Blogue d'une doctorante

Un blogue très amusant sur la vie quotidienne d'une doctorante. Un aperçu de la science en train de se faire...

Vie de thésarde

Audiences de la mission sur le Mediator - Assemblée nationale française

Intéressant de regarder comment le parlement français traite ce scandale politico-pharmaceutique sur le Mediator, médicament dangereux. le Dr Alain Braillon sera entendu le jeudi 24 février 2011 à 10 heures 45, alors que la lanceuse d'alerte sur le Mediator, le Dr Irène Frachon, est passée le 26 janvier et JF Bergmann le 10 février.

Assemblée nationale - Vidéothèque

Silence is not always golden - Les lanceurs d'alerte dans la recherche biomédicale

Silence is not always golden - The Medical Independent

Voici aussi un témoignage du Dr Alain Braillon, lanceur d'alerte sur les stratégies des compagnies de tabac en France, qui vient de paraitre dans la revue Psychotherapy and Psychosomatics.

Le lanceur d’alerte, une figure sociologique froide

Texte extrait d'une série très intéressante sur les "diseurs de vérité" publiée dans le blogue d'une chercheuse en linguistique.

Les diseurs de vérité (5). Le lanceur d’alerte, une figure sociologique froide | La pensée du discours

Revue d’Anthropologie des Connaissances

Une revue récente très intéressante, à explorer.

Voici sa présentation: La Revue d’Anthropologie des Connaissances (lancée en février 2007) se propose d’explorer un champ de réflexion formé de nombreux travaux à la fois théoriques et pratiques qui visent à montrer comment les connaissances se forment et se diffusent.
La revue publiera des articles en provenance des sciences sociales qui s’attachent à l’étude des connaissances réalisées comme discours, comme pratiques, ou comme dispositifs techniques ; sur les conditions de leur production, de leur utilisation, de leur transmission et, plus largement, de leur mobilisation par les collectifs d’humain
s.

Dossiers publiés:
* 2010/1 - Hommage à Susan Leigh Star/ Retour sur la notion d’objet frontière (2)
* 2009/3 - Dossier : Les passions cognitives
* 2009/2 – Dossier : Compter, démontrer, formaliser
* 2009/1 - Retour sur la notion d’objet-frontière
* 2008/3 - Les sciences dans les pays non-hégémoniques
* 2008/2 - Connaissance spatiale : de la bergerie au centre de calcul
* 2008/1 - Numéro Varia
* 2007/2 - Retour sur le laboratoire comme espace de production de connaissances.
* 2007/1 - Cet obscur objet de connaissance.

Appels pour les prochains numéros

* Localisation et mobilité dans les conversations téléphoniques
* CIRCULATION ET CONNEXITE MONDIALE DES SAVOIRS : éléments d’anthropologie des connaissances en Amérique Latine / Circulación y vinculación mundial de conocimientos : Elementos de la antropología de los conocimientos en y sobre América Latina
* Appel à contributions : Les nouveaux espaces politiques de l’expertise
* Appel à contributions : Approche écologique et pragmatique des pratiques de l’expertise
* Autour de l’expertise
* Appel à articles : Sciences de la vie coloniale (XIXe-XXe siècles) : bilan, enjeux et perspectives (—>15 septembre 2010)

Revue d’Anthropologie des Connaissances

Socio-informatique et argumentation

Un carnet de recherche intéressant, dont l'un des thèmes est les controverses scientifiques et les débats publics sur des enjeux scientifiques.
Ce carnet de recherche vise la mise en discussion de travaux en sociologie argumentative des controverses et des conflits qui marquent les sociétés contemporaines. Il met l’accent sur les concepts et les méthodes socio-informatiques utilisées pour mener des analyses sur des grands ensembles de données textuelles.

Socio-informatique et argumentation

Lieux de savoir | Histoire comparée et anthropologie des pratiques savantes

Un carnet collectif de recherches en accompagnement des magnifiques livres Les lieux de savoir. Des outils précieux pour comprendre la science comme elle se fait, ainsi que bien d'autres lieux de fabrication des savoirs.

Voici la présentation officielle de ce carnet:

Les Lieux de savoir sont une série de volumes réalisés par un réseau international de chercheurs en SHS et publiés par les éditions Albin Michel. Ce projet veut déployer le champ d'une histoire comparée et d'une anthropologie des pratiques et des traditions de savoirs dans la diversité des cultures et des disciplines.
Le carnet Lieux de savoir accompagne la construction intellectuelle, la publication et la réception critique de ces livres et sera un lieu de veille sur l'actualité de ces nouvelles thématiques et orientations de recherche, au carrefour de l'histoire des sciences, des humanités, de l'histoire des techniques et des spiritualités.

Lieux de savoir | Histoire comparée et anthropologie des pratiques savantes

Les policitiens prennent-ils de mauvaises décisions parce qu'ils n'écoutent pas assez les scientifiques?

Voici ce que j'ai répondu à un billet d'Yvan Dutil sur l'Agence Science Presse qui déplore la faible influence apparente des scientifiques sur les décisions des élus au Canada et au Québec:

Le problème n'est pas que les décideurs politiques ne sont pas informés : ils le sont certainement, même si ce n'est pas par des prix Nobel. Ils le sont par exemple par les nombreux agents de recherche et de planification qui travaillent dans les ministères et dont le mandat est précisément de conseiller les décideurs. Formés à l'université, souvent détenteurs de maitrise ou de doctorat, rien n'indique que ces agents ne font pas leur travail. Au contraire, ils le font probablement de manière beaucoup plus précise et rigoureuse que des prix Nobel débordés de travail ou de sollicitations médiatiques... Votre texte exprime une indignation que je partage face à certaines décisions politiques, mais il repose sur une conception déformée de l'objectivité de la science. Pensez-vous vraiment que les scientifiques qui entourent le Président Obama sont totalement"purs", dénués de toute intention politique, et ne font que songer au bien commun, sans aucun agenda personnel ou politique? Pensez-vous que les élus s'entoureraient de scientifiques qui ne partagent pas leur position sur les grands dossiers controversés de l'heure? Croyez-vous que Jean Charest nommera comme scientifique en chef un chercheur critique de l'économie du savoir, des biotechnologies ou de la politique gouvernementale du nucléaire? Connaissez-vous le phénomène des "portes tournantes" où un scientifique passe du gouvernement à l'industrie au gouvernement, et ainsi de suite, sans qu'on sache s'il défend davantage l'intérêt public ou l'intérêt de l'industrie? Si vous lisez le billet récent sur Tuskegee, vous verrez que les plus hautes instances de l'État en matière de recherche sont loin d'avoir des positions éthiques acceptables et que, parfois, il vaut mieux que les élus ne les écoutent pas. Ce qui se passe à Santé Canada en ce moment est très triste à ce sujet: l'industrie est de plus en plus "partenaire" de toutes les décisions, au détriment de la voix des citoyens indépendants, non affiliés à l'industrie.
Les scientifiques forment un groupe disparate qui n'ont en commun que leur statut social. Certains sont de droite, d'autres de gauche et leurs valeurs transparaissent inévitablement dans leurs travaux: non pas dans la rigueur scientifique de leur travail, mais dans le choix de leur sujet de recherche et même de leur discipline. Ils ne sont pas immunisés contre le désir de pouvoir et de prestige, loin de là! Heureusement que certains, comme Shiv Shopra et bien d'autres lanceurs d'alerte sont capables de faire passer le bien commun et la justice avant toute autre considération.
Ce qu'il faut espérer, c'est que les citoyens québécois et canadiens réaliseront leur pouvoir d'exiger plus de transparence dans les relations entre la science et l'État: ils doivent savoir comment sont prises les décisions, comment sont choisis les experts consultés, comment sont préparés les dossiers d'information dans les ministères, etc. Que la science arrête d'être une boîte noire, voilà qui garantira des décisions politiques plus proches des valeurs de la société.

Science.gc.ca - Les sciences et la technologie pour les Canadiens

Le site de l'État canadien sur la science et la technologie - à titre informatif. Ce site austère et rébarbatif ne vise certainement pas un dialogue science-citoyens. C'est un instrument de promotion d'une certaine science.

Science.gc.ca - Les sciences et la technologie pour les Canadiens

Mouvement Sortons le Québec du nucléaire

Un groupe issu de la société civile québécoise réunissant des chercheurs et des citoyens unis par la même inquiétude face à la politique nucléaire du gouvernement québécoise. Une pétition est proposée.

Sortons le Québec du nucléaire

samedi 19 février 2011

Standing up to Big Pharma

Un texte engagé d'une médecin de Vancouver contre les pressions de l'industrie pharmaceutique pour médicamenter les soins psychiatriques.

http://www.newint.org/columns/viewfrom/2009/12/01/vancouver/

Voici aussi un bref texte efficace sur les conflits d'intérêts dans le domaine biomédical:

Unmasking Special Interest Groups: The Key to Addressing Conflicts of Interest in Medicine

vendredi 18 février 2011

Les coûts réels de la recherche pharmaceutique : Demythologizing High Costs of Drug Research

L'étude "Demythologizing High Costs of Drug Research", par D. Light et D. Warburtin, publiée dans Biosocieties, montre que les coûts réels de la recherche sur les médicaments sont bien inférieurs à ce que réclament les compagnies pharmaceutiques. Cet article a été beaucoup commenté. En voici le résumé:

It is widely claimed that research to discover and develop new pharmaceuticals entails high costs and high risks. High research and development (R&D) costs influence many decisions and policy discussions about how to reduce global health disparities, how much companies can afford to discount prices for lower- and middle-income countries, and how to design innovative incentives to advance research on diseases of the poor. High estimated costs also affect strategies for getting new medicines to the world's poor, such as the advanced market commitment, which built high estimates into its inflated size and prices. This article takes apart the most detailed and authoritative study of R&D costs in order to show how high estimates have been constructed by industry-supported economists, and to show how much lower actual costs may be. Besides serving as an object lesson in the construction of ‘facts’, this analysis provides reason to believe that R&D costs need not be such an insuperable obstacle to the development of better medicines. The deeper problem is that current incentives reward companies to develop mainly new medicines of little advantage and compete for market share at high prices, rather than to develop clinically superior medicines with public funding so that prices could be much lower and risks to companies lower as well.

Pour obtenir l'article:
- http://www.pharmamyths.net/demythologizing_the_high_costs_of_drug_research_106055.htm
- http://www.palgrave-journals.com/biosoc/journal/vaop/ncurrent/abs/biosoc201040a.html (site de la revue Biosocieties)

Commentaire dans la presse:
- http://www.timescolonist.com/health/Drug+costs+overstated+says+UVic+economist/4305751/story.html
-http://www.theglobeandmail.com/life/health/andre-picard/drug-rd-costs-are-less-than-estimated-so-why-the-high-prices/article1917822/

Portrait de Peter Buxtun, lanceur l'alerte contre l'étude de Tuskegee sur la syphilis

Bref portrait de Peter Buxton, travailleur social et épidémiologiste, qui, après plusieurs efforts infructueux auprès des autorités américaines de santé publique pour faire cesser l'étude sur la syphilis menée à Tuskegee, la dénonça à la journaliste Jean Heller.

Voici un bon résumé de l'affaire Tuskegee, un reprèe dans l'élaboration du système d'éthique de la recherche aux États-Unis.

Parution d'un monumental traité de bioéthique, sous la direction d'Emmanuel Hirsch



Traité de bioéthique (paru en novembre 2010)
Tome I Fondements, principes, repères
Tome II Soigner la personne, évolutions, innovations thérapeutiques
Tome III Handicaps, vulnérabilités, situations extrêmes

La publication de ce Traité de bioéthique en trois tomes constitue un événement significatif dans l’histoire de la réflexion éthique et de la biomédecine en France. Ouvrage de référence il bénéficie de la contribution de 170 auteurs, tous reconnus dans la diversité de leurs champs de compétence. Il permet ainsi de comprendre le profond mouvement d’où émerge aujourd’hui une autre conception de la personne malade, de l’approche des maladies et de leurs traitements, des activités médicales et de la recherche scientifique.
Ce
Traité de bioéthique vise à réconcilier les valeurs humaines du soin avec les pratiques biomédicales innovantes dont la haute technicité bouleverse parfois nombre de principes et de repères. Il propose les conceptions, les analyses, les points de vue mais aussi les expériences qui éclairent les enjeux les plus forts de la médecine et de la recherche aujourd’hui. La nécessité de mettre à la disposition des professionnels de santé ou du secteur social en formation un manuel qui leur permette d’intégrer des connaissances désormais considérées dans leurs cursus comme des apports fondamentaux, justifie également cette publication dans une édition accessible à tous.
Les questions de bioéthique concernent l’existence de chacun et interrogent les valeurs de la démocratie. Elles sont enjeux de débats de société, mais souvent également source de dilemmes, de controverses.


Télécharger le document de présentation de l'ouvrage

Télécharger le document de présentation de la nouvelle Collection Espace éthique chez les éditions érès

La révision des lois de bioéthique en France, votée le 16 février

Voici le compte rendu qu'en fait Futura-sciences (http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/revision-des-lois-de-bioethique-pas-de-revolution_28091/):

Le projet de loi de bioéthique a été adopté  hier, suite à un vote au Parlement. Déception pour les uns, belle  victoire pour les autres, les révisions sont finalement peu importantes.

Quelques jours seulement après la naissance du bébé du double-espoir,  le projet de révision des lois de bioéthique a été adopté hier en  première lecture par l’Assemblée nationale, à 272 voix contre 216 au  terme d’un débat de société animé. Au final, beaucoup de bruit pour des  modifications somme toute limitées.
En effet, la majorité des lois restent inchangées. En ce qui concerne la procréation médicalement assistée (PMA), elle reste à usage strictement médical mais est désormais ouverte aux couples pacsés. Le transfert postmortem d’un embryon  en cas de décès du père est également autorisé, mais dans des  conditions restreintes (si son accord avait été enregistré et si le  décès a interrompu un processus de PMA).
Touche pas à mes cellules souches !
Pas de changement en ce qui concerne l’anonymat des dons de gamètes (sperme ou ovocyte),  qui ne sera donc finalement pas levé, même si l’enfant et le donneur  sont demandeurs. Par contre, des évolutions pour les ovocytes sont à  noter puisque leur vitrification  (congélation très rapide) est maintenant autorisée, et une femme peut  faire don de ses ovocytes, même si elle n’a jamais été elle-même mère  auparavant.
La recherche sur l’embryon et les cellules souches  embryonnaires reste toujours interdite, sauf dérogation. Dans ce cas,  son utilisation ne se limite plus à la réalisation de progrès «  thérapeutiques » majeurs mais « médicaux », ce qui étend un peu plus les  possibilités des chercheurs.
Quant aux banques de cellules souches autologues (pour soi-même) provenant du sang de cordonhttp://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/le-premier-bebe-medicament-francais-est-ne_27880/ ou de placenta,  elles restent interdites. Seules sont autorisées les banques publiques,  pour un usage thérapeutique de ces cellules sur autrui.

Notons la dérogation à la portée élargie pour la recherche sur les cellules souches. Il faudra de près par qui et comment sera gérée cette dérogation et quels chercheurs, financés par quelle instance ou organisation, la demanderont. Le député Olivier Dosne le dit clairement: "Il faut que les chercheurs puissent la justifier au nom d’objectifs collectifs majeurs et non simplement la banaliser."

Voici quelques liens intéressants en lien avec cette révision:
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/bioethique/index.shtml
http://www.reussirmavie.net/Bioethique-la-loi-maintient-l-anonymat-du-don-de-gametes_a1102.html
Site Agrobiosciences: La révision des lois de bioéthique : quels enjeux, pour quelle société ? (annonce)
Un billet de blog du député Olivier Dosne qui a travaillé sur cette révision

jeudi 17 février 2011

More on the Prospects for Genomic Medicine - la médecine génomique

L'excellent Pete Shanks fait un papier quelque peu ironique sur la rhétorique des promoteurs de la médecine personnalisée, en fait la médecine génomique : CGS : More on the Prospects for Genomic Medicine.
Sa conclusion est d'une clarté radicale: Deconstructing the genome into its component parts did not work as expected, so now the plan is to replicate its function from scratch? That'll be hard. It may not be impossible, but is this really the best use of resources to promote individual and collective health?

L'ACFAS organise un débat sur les enjeux éthiques de la médecine personnalisée le 23 février à Chicoutimi: http://www.acfas.ca/rencontres/pages/23_fev_2011_medecine.html. Ce débat sera diffusé sur le canal Savoir ultérieurement.

mardi 15 février 2011

Embryos cannot be reduced to commodities

Un débat sur la recherche sur l'embryon dans The Guardian. Les deux principales positions sont bien dessinées.

Embryos cannot be reduced to commodities | Brendan McCarthy | Comment is free | guardian.co.uk

American Medical Device Makers Look Overseas for Quicker Approval - NYTimes.com

Un article passionnant du New York Times qui met en évidence la stratégie de communication de l'industrie des médicaments et autres processus médicaux: il s'agit de montrer que les instances de régulation sont nuisibles autant à la santé des personnes (en retardant l'accès à des médicaments qui pourraient les sauver) qu'à celle de l'économie (en limitant le nombre d'emplois que cette industrie pourrait créer). Qui voudra alors prendre la défense de ces moyens de régulation, également détestés par plusieurs chercheurs qui se sentent freinés dans leur élan (ex: les comités d'éthique de la recherche)? Qui voudra renforcer ces institutions alors que les preuves de leur complaisance envers l'industrie s'accumulent? Est-ce que les chercheurs bien au fait des effets secondaires des médicaments et des dangers liés aux technologies nouvelles n'ont pas une responsabilité sociale d'agir contre cette tendance à la dérégulation de la sécurité des personnes??

American Medical Device Makers Look Overseas for Quicker Approval - NYTimes.com

Calestous Juma parle de l'innovation africaine

Description de l'entrevue: Le professeur Calestous Juma, spécialiste de la mondialisation à Harvard s'entretient avec SciDev.Net sur les stratégies susceptibles de donner de l'effet aux nombreuses innovations africaines.

Calestous Juma, directeur du Projet science, technologies et mondialisation à l'Ecole d'administration publique Kennedy de l'Université Harvard, a attiré beaucoup d'attention avec son dernier ouvrage intitulé The New Harvest : Innovation agricole en Afrique (La nouvelle moisson : l'innovation agricole en Afrique), qui présente sa vision d'une Afrique auto-suffisante en alimentation d'ici 2050.

Ce livre affiche le même optimisme qu'un autre de ses ouvrages paru en 2005 sur le rôle de la science dans la poursuite des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Dans les deux essais, Juma soutient qu'un savant mélange fait de connaissances actuelles et d'innovation pourrait sortir l'Afrique de la pauvreté et de la faim.

Le Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) s'est entretenu avec lui pendant son dernier séjour à Londres dans le cadre de la promotion de son livre.


Questions-Réponses : Calestous Juma parle de l'innovation africaine - SciDev.Net

jeudi 10 février 2011

Politique scientifique - L'Encyclopedie canadienne

Historique des politiques scientifiques au Canada.
Politique scientifique - L'Encyclopedie canadienne

Science in the New York Times

Une chronique intéressante sur la couverture de la science dans le New York Times - et la désillusion de certains de ses journalistes face aux promesses des chercheurs d'il y a dix ans, notamment en génétique.

CGS : Science in the New York Times

Les dollars neufs des universités | Entrevue avec le recteur de l'Université Laval

Une entrevue dans laquelle le recteur explique sa stratégie pour faire davantage contribuer le secteur privé au financement de son université. À suivre: comment gérer l'influence de ces nouvelles sources de financement dans le fonctionnement de l'Université.

Les dollars neufs des universités | L'actualité

Paradise Lost? ‘‘Science’’ and ‘‘the Public’’ after Asilomar — Science Technology Human Values

Article très intéressant. Voici son résumé:

Priska Gisler, Collegium Helveticum, ETH/University of Zurich, Switzerland, Berne University of the Arts, Switzerland, gisler@collegium.ethz.ch
Monika Kurath, Collegium Helveticum, ETH/University of Zurich, Switzerland, Berne University of the Arts, Switzerland

Résumé

Scientists continually face public concerns over the potential risks of biotechnology. This article reflects on the 1970s when leading molecular biologists established a moratorium, and initiated the second international Asilomar conference, on recombinant DNA (rDNA) molecules. Since then, this event has been widely perceived as an important historical moment when scientific actors took into account public concerns. Yet, by focusing on the history of the Public Understanding of Science (PUS) discourse, we gain new insight into how ‘‘science’’ and the ‘‘public’’ have in the meantime been framed in political discourses as homogeneous but antagonistic concepts. This sheds new light on the ways scientific, political, and administrative actors in biotechnology perceive the events, which occurred in the 1970s. Through interviews, we found that, with the Asilomar II conference serving as a quasi role model, the quest to reconcile ‘‘science’’ and the ‘‘public’’ is being traced back to a moment in history when such divisions had yet to be considered. This leads us to ask whether the politics of PUS contributed as much to the production of these two entities as it is claimed to have done in bridging the differences between them.

Paradise Lost? ‘‘Science’’ and ‘‘the Public’’ after Asilomar — Science Technology Human Values

mercredi 9 février 2011

Gaz de schiste, une perspective comptable : regard d'un expert

Un point de vue intéressant d'un expert en finances publiques sur les coûts sociaux de l'exploitation des gaz de schiste au Québec.
Gaz de schiste, une perspective comptable | Voix d'experts

Un article intéressant sur l'économie du savoir

Un texte intéressant sur l'économie du savoir qui tente d'en montrer le pour et le contre. Toutefois, l'argument de l'auteur sur la propriété intellectuelle n'est valable que dans un contexte privé. Dans un contexte public, comme celui de l'université publique ou de la recherche scientifique publique, l'argument selon lequel un inventeur a besoin de ressources pour "son pain et son beurre" est trompeur. Celui qui doit bénéficier des revenus de propriété intellectuelle, c'est l'ensemble du "public" qui a financé les travaux en question, donc la collectivité. Une belle citation de Benjamin Franklin: « … as we enjoy great advantages from the inventions of others, we should be glad of an opportunity to serve others by any invention of ours; and this we should do freely and generously".

Pour lire l'article: L’ÉCONOMIE DU SAVOIR 2 | Génération d'idées

lundi 7 février 2011

Une fraude scientifique en Allemagne

Conflit entre les chercheurs et le gouvernement en Hongrie

Hungarian Academicians Blast Government Over Inquiry Into Research Funds

http://news.sciencemag.org/scienceinsider/2011/02/hungarian-academicians-blast-government.html?ref=wp

Des universitaires québécois se mobilisent contre le choix unilatéral d'exploiter les gaz de schiste

vInvitation à une rencontre de discussion collective le jeudi 10 février, 17 heures, UQAM, N-4201.
Objet : Le débat sur la question du gaz de schiste : une prise de parole de la communauté scientifique ?

Une initiative de Lucie Sauvé, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l'environnement.

Article: « propriété intellectuelle » est un euphémisme malencontreux

Article critique sur la notion de propriété intellectuelle, un des piliers de l'économie du savoir. La science publique n'est pas compatible avec ce concept: reconnaître comme tel l'auteur d'une idée ou d'un texte scientifique, ce n'est pas équivalent à lui en donner la propriété "privée" et le droit d'en tirer des profits.

Cory Doctorow : « propriété intellectuelle » est un euphémisme malencontreux

Belem 2009 Forum Sciences & Démocratie

Voici des traces très intéressantes du premier forum mondial Sciences et démocratie qui s'est tenu à Bélem en 2009: des vidéos et des textes.
C & F Éditions - Belem 2009 :un forum inédit - Sciences & Démocratie

Aussi, un article présentant une entrevue avec deux chercheuses québécoises qui s'y sont rendues: http://www.ledevoir.com/societe/education/247364/sciences-et-democratie-pour-qui-la-recherche

L'immatériel. Connaissance, valeur et capital, par André Gorz, 2003

Présentation de l'éditeur

Le capital et la science se servent l'un de l'autre dans la poursuite de leurs buts respectifs qui, quoique différents, ont beaucoup en commun. L'un et l'autre poursuivent la pure puissance au sens aristotélicien sans autre but qu'elle-même. L'un et l'autre sont indifférents à toute fin, à tout besoin déterminés, car rien ne vaut la puissance indéterminée de l'argent, d'une part, de la connaissance théorétique, d'autre part, capables de toutes les déterminations puisqu'elles les refusent toutes. L'un et l'autre se verrouillent par les techniques désubjectivantes du calcul contre la possibilité du retour réflexif sur soi.
Mais l'alliance du capital et de la science présente depuis peu des fissures. Car s'il n'est pas question pour le capital de s'émanciper de sa dépendance vis-à-vis de la science, la perspective s'ouvre à la science de pouvoir s'émanciper du capitalisme.

L'immatériel. Connaissance, valeur et capital: Amazon.fr: André Gorz: Livres

Revue Multitudes : Nouvelle économie politique

Un dossier de 2000 sur la place du "capitalisme cognitif" (qui traite la connaissance comme une marchandise) dans l'économie contemporaine.

Multitudes Web - 2. Majeure : nouvelle économie politique

Voir aussi ces références plus récentes:

Yann Moulier Boutang: Le capitalisme cognitif – La nouvelle grande transformation, Éditions Amsterdam, 2008
- Le capitalisme cognitif comme sortie de la crise du capitalisme industriel
http://matisse.univ-paris1.fr/capitalisme/
- Carlo Vercellone, Sens et enjeux de la transition vers le capitalisme cognitif: une mise en perspective historique
http://www.geocities.com/immateriallabour/vercellone-capitalisme-cognitif.html

sur la Singularité Technologique:
- le n° spécial de IEEE spectrum http://www.spectrum.ieee.org/singularity
- en français http://www.internetactu.net/2008/09/02/prochain-arret-la-singularite-14-des-courbes-qui-tendent-vers-linfini/

- début 2009 Google et la Nasa inaugurent la Singularity University http://singularityu.org/

jeudi 3 février 2011

Reportage sur le programme de chaires d'excellence du gouvernement canadien

Reportage sur des chercheurs mobilisés par ... l'argent?

Description: Le retour des cerveaux
Le Canada multiplie ses efforts pour attirer des scientifiques de renom au pays grâce à son nouveau programme des chaires d'excellence en recherche. Une vingtaine de chercheurs, dont des Américains et des Britanniques, ont ainsi accepté de venir au Canada pour y compléter leurs projets. Certains sont aussi des Canadiens qui ont décidé de revenir au pays après avoir obtenu des fonds du gouvernement fédéral.

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBF/Desautels201101131732_1.asx

mercredi 2 février 2011

Table des matières du dernier numéro de la revue Public Understanding of Science

1 January 2011; Vol. 20, No. 1

Table des matières
Editorial
Martin W. Bauer
Public Understanding of Science 2011;20 2
http://pus.sagepub.com/cgi/reprint/20/1/2

The mobilization of scientists for public engagement
Martin W. Bauer and Pablo Jensen
Public Understanding of Science 2011;20 3-11
http://pus.sagepub.com/cgi/reprint/20/1/3

Dissemination practices in the Spanish research system: scientists trapped in a golden cage
Cristóbal Torres-Albero, Manuel Fernández-Esquinas, Jesús Rey-Rocha, and María José Martín-Sempere
Public Understanding of Science 2011;20 12-25
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/12

A statistical picture of popularization activities and their evolutions in France
Pablo Jensen
Public Understanding of Science 2011;20 26-36
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/26

Popularization by Argentine researchers: the activities and motivations of CONICET scientists
Pablo Kreimer, Luciano Levin, and Pablo Jensen
Public Understanding of Science 2011;20 37-47
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/37

Academic staff and public communication: a survey of popular science publishing across 13 countries
Peter Bentley and Svein Kyvik
Public Understanding of Science 2011;20 48-63
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/48

Which indicators for the new public engagement activities? An exploratory study of European research institutions
Federico Neresini and Massimiano Bucchi
Public Understanding of Science 2011;20 64-79
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/64

Analysing the dialogic turn in the communication of research-based knowledge: An exploration of the tensions in collaborative research
Louise J. Phillips
Public Understanding of Science 2011;20 80-100
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/80

Extending the reach of research as a public good: Moving beyond the paradox of "zero-sum language games"
Johanne Provençal
Public Understanding of Science 2011;20 101-116
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/101

Can the governance of a population genetic data bank effect recruitment? Evidence from the public consultation of Generation Scotland
Gill Haddow, Sarah Cunningham-Burley, and Lorraine Murray
Public Understanding of Science 2011;20 117-129
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/117

Exploring new web-based tools to identify public interest in science
Ayelet Baram-Tsabari and Elad Segev
Public Understanding of Science 2011;20 130-143
http://pus.sagepub.com/cgi/content/abstract/20/1/130

Book review: Peter J. Bowler, Science for All: The Popularization of Science in Early Twentieth-Century Britain. Chicago and London: University of Chicago Press, 2009. xi + 339 pp. ISBN 978—0—226—06863—3, $45 (hbk)
Allan Jones
Public Understanding of Science 2011;20 144
http://pus.sagepub.com/cgi/reprint/20/1/144

mardi 1 février 2011

Forum Européen de Bioéthique - 1ère édition du 1er au 5 février 2011 à Strasbourg

Le Forum Européen de Bioéthique a pour vocation de rendre accessibles à tous les questions de bioéthique.

"Vieillissement et fin de vie"

Du début à la fin de vie, l'humain me concerne. 5 jours de partage entre les experts et le public, pour penser l'homme face aux progrès de la science et des techniques qui touchent son corps. Les débats de cette première édition sont ouverts sur le thème "Vieillissement et fin de vie" entre 60 intervenants et le grand public. L'avenir de l'humain nous concerne tous.

Forum Européen de Bioéthique - 1ère édition À retrouver du 1er au 5 février 2011 à Strasbourg

La démocratie cognitive et la réforme de la pensée

Un court texte du philosophe Edgar Morin sur la dépossession des savoirs et la nécessité d'une démocratie cognitive (ou scientifique).
La Democratie Cognitive et La Reforme de la Pensee | IIPC

Voici comment Jacques Theys, au paragraphe 103 de son article "La Gouvernance, entre innovation et impuissance. Le cas de l’environnement" (revue Développement durable et territoires) décrit les conditions de possibilité d'une telle démocratie cognitive:

Comment imaginer cette démocratie cognitive, ce nouveau contrat social entre science, société et politique ? On peut en définir, pour conclure quelques unes des conditions :
• du coté des médias un effort persévérant de pédagogie et de distanciation par rapport à l’événement
• du coté des scientifiques, une éthique de l’objectivation et de l’autonomie qui mette le savoir à l’abri de toute forme d’expropriation par les groupes de pression ; et un souci réel de mise en débat public des connaissances
• du coté du système éducatif, la généralisation à tous de l’enseignement scientifique, et une meilleure intégration de l’environnement dans les filières de formation
• du coté des industriels, l’acceptation du principe de précaution et de la transparence
• du coté de l’expert, une plus grande ouverture aux aspects sociaux et éthiques des problèmes dont il a la charge, et le souci, non pas de fournir des solutions toutes faites mais de rendre possible "la négociation sur les valeurs qu’institue le thème de l’environnement" (F. EWALD)
• du coté des autorités publiques, la transparence des objectifs et des informations et surtout l’acceptation de la pluralité de l’expertise comme instrument majeur de la démocratie - ce qui implique la volonté tenace de réduire partout les obstacles qui s’opposent au développement de la contre expertise
• du coté des institutions, la mise en place de règles permettant d’éviter la confusion des pouvoirs, et la création de procédures ou de structures de médiation permettant d’assurer un véritable contrôle démocratique des choix scientifiques et techniques (rôle des autorités indépendantes)
• et enfin du coté de l’opinion, une acculturation au doute et à l’idée que la connaissance ne se confond pas avec l’accumulation de certitudes toutes faites - ce qui suppose aussi une certaine acceptation du droit à l’erreur pour la politique.