mercredi 28 décembre 2011

Science, censure, espace public, bien commun: un noeud complexe

Deux histoires qui font réfléchir à la question de la science, du secret et des intérêts (privés ou général), donc du pouvoir (pouvoir de garder ou de révéler un secret, un fait, une découverte, un résultat).

Dans la première histoire, rapportée par le blog Indépendance des chercheurs, il est question d'une avocate, Gisèle Mor, représentant des familles de patients, qui a d'abord été condamnée pour "violation du secret professionnel pour avoir commenté auprès des médias le rapport d’expertise judiciaire relatif à des décès consécutifs à une vaccination contre l’hépatite B." Mais il y a deux semaines, ce jugement a été renversé par la Cour européenne des droits de l'homme. Selon ce nouveau jugement, « la protection de la liberté d’expression d’un avocat doit prendre en compte l’exception qui prévoit que l’exercice des droits de la défense peut rendre nécessaire la violation du secret professionnel ». Autrement dit, selon le billet de blog, "la violation du secret professionnel peut être justifiée par l'intérêt général et par les besoins de la défense des intérêts des justiciables dont l'avocat assume la représentation. Il s'agit, en l'occurrence, d'une affaire grave de santé publique intéressant l'ensemble de la population, et en même temps d'une affaire personnelle très grave liée au décès d'une enfant."

Dans la seconde histoire, rapportée par le New York Times, une instance gouvernementale américaine veut empêcher la publication d'information scientifique dans une revue prestigieuse, cette information pouvant, selon elle, permettre la conception d'armes biologiques. Dans ce cas, la non-publication devrait se justifier au nom du bien commun, de l'intérêt général.

L'article du New York Times rappelle ces mots de Francis Bacon, dans La Nouvelle Atlantide:
We have consultations, which of the inventions and experiences which we have discovered shall be published, and which not; and take all an oath of secrecy for the concealing of those which we think fit to keep secret; though some of those we do reveal sometime to the State, and some not.”

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