samedi 26 février 2011

Science the Endless Frontier: un rapport de 1944 fondateur des rapports science-société aux États-Unis

En 1945, le principal conseiller scientifique du Président Roosevelt et cheville ouvrière du projet Manhattan sur la bombe atomique, Vannevar Bush, a déposé un rapport qui pose les fondations de la science contemporaine : le gouvernement la subventionne sans agenda trop précis, confiant qu'il en sortira du bon pour le pays, seuls les pairs évaluent la qualité de la science - etc. Dans l'Encyclopedia Universalis, voici comment ce moment important est décrit:

"L'infrastructure scientifique actuelle, fruit de l'histoire, résulte d'un « contrat » tacite entre la science et la société, en vigueur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale – un contrat par lequel les gouvernements s'engageaient à financer la recherche fondamentale dans les universités et les institutions scientifiques en ne leur donnant que peu de directives sur la manière d'utiliser les fonds qui lui étaient alloués. Ce contrat a été formulé pour la première fois dans un rapport qui a fait date : Science-The Endless Frontier, établi en 1945 par Vannevar Bush à l'intention de Harry S. Truman, qui était alors le président des États-Unis. Ce rapport partait de l'hypothèse implicite que ces investissements de l'État se traduiraient par un accroissement de la masse globale de connaissances exploitables d'où découleraient naturellement des avantages pour la société : croissance économique, santé publique, prestige national et, surtout, sécurité nationale. Pour la société, la science était le seul partenaire avec lequel elle pouvait conclure un tel contrat, car aucune autre institution – réelle ou imaginée – n'avait le potentiel requis pour répondre à ses besoins." (Mayor et Shatzman, article Sciences et société, en ligne).

Les politiques scientifiques actuelles sont=elles en train de modifier ce contrat tacite?

Science the Endless Frontier

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