lundi 10 février 2014

L’Association science et bien commun, engagée dans le débat public sur la science et les politiques scientifiques au Québec et au Canada


L’Association science et bien commun vient de publier son cinquième mémoire concernant les politiques scientifiques du Québec et du Canada : Pour une stratégie fédérale de recherche et d’innovation juste, équitable et créative (février 2014). Sa mission de « stimuler la vigilance et l’action pour une science publique au service du bien commun » l’a amenée cette fois-ci à proposer au gouvernement fédéral dix recommandations pour que sa future Stratégie canadienne de recherche et d’innovation soit juste, équitable et créative. Ces adjectifs sont totalement absents de la réflexion actuelle du gouvernement en place qui ne cherche à favoriser « l’innovation » et « l’excellence » que dans la mesure où elles peuvent augmenter le PIB du pays.

Co-signatrice de la première lettre ouverte dénonçant le musèlement des scientifiques à l’emploi de la fonction publique fédérale le 16 février 2012, l’Association science et bien commun ajoute donc sa voix aux protestations et dénonciations, de plus en plus nombreuses, du simulacre de politique scientifique du gouvernement conservateur. Sa grande enquête Web sur les Québécoises, les Québécois et la science avait d’ailleurs permis de réunir plus de 300 témoignages d’indignation à ce sujet (à paraître).

La publication de ce mémoire suit de près celui que l’Association a soumis en janvier 2014 aux Fonds de recherche du Québec sur leur politique de « conduite responsable en recherche ». Critiquant le caractère déontologique et vertueux du texte proposé, l’Association propose plutôt d’élargir le concept de « conduite responsable » à la notion de responsabilité sociale et environnementale des chercheurs.

En décembre 2013, l’Association avait publié un mémoire sur la politique du libre accès des organismes subventionnaires fédéraux. Ce mémoire appuie la politique proposée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, mais à condition d’y faire certains aménagements importants.

Rappelons que le premier mémoire de l’Association avait été déposé en août 2012 dans le cadre de la consultation menée par l’ACFAS en vue d’un projet de politique nationale de recherche et d’innovation finalement rendue publique en octobre 2013. Le second avait été soumis au Sommet sur l’enseignement supérieur en février 2013 et proposait quatre idées, reprises dans les mémoires ultérieurs.

Afin de continuer cette réflexion collective, l’Association s’apprête à mettre en ligne l’ensemble de ses recommandations (dans leur version la plus récente) et invite les internautes à les commenter librement, à manifester leur appui ou leur désaccord ou à les enrichir de leurs savoirs et idées.

L’Association espère que ces mémoires nourriront de manière constructive la réflexion des décideurs publics, ainsi que celle des trop rares chercheurs et autres citoyens qui s’intéressent aux politiques scientifiques. Le fait qu’ils existent, qu’ils circulent dans l’espace public et qu’ils soient lus et peut-être même cités et repris fait d’eux les graines d’une « autre politique scientifique » et surtout d’une autre science publique, plus inclusive, plus ouverte, moins compétitive, plus proche des préoccupations des citoyens qui la financent et qu’ils ont exprimées dans l’enquête Web sur les Québécoises, les Québécois et la science.

Notre petite Association a fait beaucoup en deux ans et demi, avec très peu de moyens, et gagne tranquillement des membres et amis. Nous espérons que notre travail convaincra de plus en plus de personnes d’y adhérer et de nous donner ainsi de plus en plus de moyens d’action et de nous faire entendre.

mardi 31 décembre 2013

Bilan de l'année 2013 et premiers projets 2014 de l'Association science et bien commun

L'Association science et bien commun, qui parraine ce blogue et les deux fils scoop.it qui y sont insérés, vient de publier son bilan de fin d'année et d'annoncer ses premiers projets pour 2014, notamment un colloque sur les politiques scientifiques québécoise et canadienne et le lancement d'un blogue des doctorants du Québec.

Parmi ses souhaits pour 2014 figure une participation plus active des personnes qui ne font pas professionnellement de la recherche scientifique aux réflexions et discussions sur la pratique de la science et ses impacts dans la société. Ce blogue, intitulé Commission citoyenne de la recherche scientifique, n'accueillera désormais que des billets issus d'auteurs qui ne sont pas des chercheurs professionnels (confirmés ou en devenir), mais qui s'intéressent activement à la science sous tous les aspects traités dans le blogue (voir les mots clés). L'Association publiera toutefois de temps en temps des billets sur ses activités.

Pour devenir auteur ou auteure de ce blogue, écrire en tout temps à scienceetbiencommun@gmail.com.

L'Association vient aussi de lancer une liste de discussion ouverte à tous ses membres et amis. Pour s'y inscrire, c'est ici.



lundi 21 octobre 2013

Le 25 octobre, lancement de l'enquête web Les Québécoises, les Québécois et la science

L’Association science et bien commun et l’Agence Science-Presse, en collaboration avec le programme Accès savoirs de l’Université Laval, ont préparé un grand questionnaire sur les rapports entre les Québécoises, les Québécois et la science : ce qui les intéresse, comment ils se représentent les scientifiques et la science, comment et s'en informent, ce qu'ils pensent des relations entre la science, l'État et les citoyens, etc. Il sera en ligne du 25 octobre au 7 novembre. (Prolongation jusqu'au 10 novembre à minuit)

Alors que la Politique nationale de recherche et d'innovation vient d'être rendue publique par le gouvernement québécois, que les organismes fédéraux de recherche consultent sur leur politique de libre accès et de données ouvertes, que des critiques sérieuses sont lancées contre la science contemporaine, ce sondage permettra de découvrir comment les Québécoises et Québécois perçoivent et comprennent la science, leurs priorités, leurs manières de s'en informer, leurs souhaits quant à leur participation dans l'élaboration de la politique scientifique.

C'est un questionnaire exigeant qui demande de 20 à 30 minutes, mais qui offre une occasion de réfléchir en profondeur à la recherche scientifique qui se fait au Québec et ailleurs et à ses impacts sur notre société. Une première série de résultats sera dévoilée le 28 novembre 2013 aux Rencontres science et société de Québec, puis mise en ligne. Par la suite, en accord avec la position de l'Association science et bien commun en faveur de la science ouverte, tous les étudiants, chercheurs, journalistes et citoyens qui en font la demande auront accès à toutes les données brutes, à condition d'en mentionner la source (licence cc-by-sa). Il est donc dans l'intérêt de tous de partager l'invitation à y répondre! Pour plus d'information, écrire à scienceetbiencommun@gmail.com.

mercredi 9 octobre 2013

Un panel sur l'état de la science au Canada le 10 octobre

Un panel de chercheurs sur l'état actuel de la science et de la politique scientifique au Canada sera retransmis en direct sur le web jeudi soir. En voici la présentation:

Evidence for Democracy presents:

An expert panel on the health of public-interest science in Canada

When: October 10th, 2013; 7pm-9pm
Where: University of Ottawa, Demarais 12102 (map)
What: Panel discussion with Dr. Patrick Fafard, Michael Halpern , Dr. Rees Kassen and author Chris Turner.
We will be live streaming the event. Please check back at this page to watch the event from home.
It is an interesting time for science in Canada. The government maintains that it has supported science more than any previous government, yet the scientific community has become increasingly vocal in their concerns about cuts to science funding, about reduced capacity of government science, and restrictions on the ability of government scientists to communicate with the public and media.
On the eve of the release of award-winning author Chris Turner ‘s new book “The War on Science: Muzzled Scientists and Wilful Blindness in Stephen Harper's Canada”, Evidence for Democracy is bringing together an expert panel to discuss a number of critical issues affecting the health of public-interest science in Canada. These issues include
  • What restrictions ought to be placed on government scientists in communicating their research findings to the public?
  • How should scarce public resources be allocated in the research pipeline, from basic research to technology innovation and commercialization?
  • How should scientific evidence be used in decision-making?

Panelists include:

Chris Turner, award-winning Canadian Author and journalist. Author of the bestsellers, "The Geography of Hope: A Tour of the World We Need" and "The Great Leap: How to Survive and Thrive in the Sustainable Economy".
Michael Halpern, Program Manager for the Center for Science and Democracy at the Union of Concerned Scientists.
Dr. Rees Kassen, Professor of Biology and University Research Chair in Experimental Evolution at the University of Ottawa, Co-chair of the Global Young Academy and former chair of the Partnership Group for Science and Engineering (PAGSE).
Dr. Patrick Fafard, Associate Professor in the Graduate School of Public and International Affairs at the University of Ottawa, member of the University's Institute for Science, Society and Policy and formerly served as a senior public servant for both the federal and provincial governments.

mardi 17 septembre 2013

La science en colère au Canada

Hier le 16 septembre, à l'initiative du groupe Evidence for Democracy, 17 villes canadiennes ont accueilli des rassemblements quasi-simultanés pour protester contre la politique scientifique du gouvernement conservateur au Canada qui coupe les subventions à la recherche fondamentale, notamment en sciences de l'environnement, oblige des organismes de recherche à se convertir à la recherche industrielle et empêche les scientifiques de la fonction publique de pouvoir parler librement aux journalistes, sans recourir au filtre d'un service des communications.

La science en colère | Le Devoir
http://www.theguardian.com/science/2013/sep/16/canadian-scientists-government-censorship
https://news.google.com/news?ncl=dh9i0SzbU5wjizMEuTy0yO3WjyZPM&q=stand+up+for+science&lr=English&hl=en

vendredi 26 avril 2013

La science à bon escient | campagne contre la politique du gouvernement Harper (Canada)

Les scientifiques canadiens en ont assez de la politique scientifique du gouvernement Harper. Par le biais de l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université, une campagne vient d'être lancée qui propose des informations claires et des possibilités d'action.

La science à bon escient | CAUT

Extrait de son site :

Voici des exemples de politiques et de décisions du gouvernement fédéral en matière de financement qui menacent l’avenir de la science et de la recherche :

  • Réorientation des fonds alloués à la recherche fondamentale
  • Révocation du financement aux recherches politiquement gênantes
  • Noyautage des conseils d’administration des conseils subventionnaires
  • Modification des priorités des conseils subventionnaires
  • Réaffectation des fonds au profit des « chercheurs vedettes »
  • Bâillonnement des scientifiques, des bibliothécaires et des archivistes du gouvernement
  • Réorientation de la recherche scientifique publique au profit du secteur privé
  • Influence excessive du secteur privé dans la recherche universitaire


  • Colloque La révolution de la science ouverte et de l'accès libre : état des débats et des enjeux

    L'Association science et bien commun a le plaisir de vous inviter à son colloque « La révolution de la science ouverte et de l'accès libre : état des débats et des enjeux » qui se tiendra les 6-7-8 mai à Québec (Université Laval) dans le cadre du congrès annuel de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS). Le programme est en ligne sur le site de l'ACFAS.

    Description
    La science ouverte (open science) recouvre au moins quatre grands aspects de la pratique scientifique: 1. l'accès libre pour tous les internautes à toutes les publications scientifiques arbitrées par les pairs (le libre accès), 2. le partage en ligne des données de recherche (la science en ligne), 3. la science collaborative (ou citoyenne) qui inclut des chercheurs non professionnels dans les projets de recherche et, 4. la science 2.0 qui regroupe les réseaux sociaux et blogs où s'expriment de plus en plus les chercheurs, y compris pour présenter et mettre en débat leurs hypothèses. L'existence même de ces nouvelles pratiques est une révolution par rapport aux pratiques conventionnelles de la science : articles publiés dans des revues payantes, données protégées ou secrètes, exclusion des non-pairs, confinement à la parole scientifique institutionnelle (dans les revues ou les livres). Selon les pays, les universités et les disciplines, cette révolution s'effectue à des vitesses différentes. Où en sont les chercheurs et les universités francophones?

    Afin d'éclairer les chercheurs et les administrateurs universitaires sur les avantages et les conséquences des différentes pratiques de la science ouverte, ce colloque rassemble des spécialistes de différents pays qui feront un état des lieux et des débats sur trois de ces thèmes. Cet état des lieux permettra aussi de débattre de la façon dont ces pratiques devraient être considérées dans les programmes de recherche et de formation des universités québécoises et dans la future politique nationale de recherche et d'innovation du Québec. Une table ronde sur les dépôts institutionnels en accès libre rassemblera d'ailleurs des représentants de la plupart des universités québécoises.
    Ce colloque sera aussi l'occasion de présenter une nouvelle revue, Sciences et bien commun, et de tenir l'Assemblée générale annuelle de l'Association science et bien commun, le 8 mai à midi.

    Veille sur la science ouverte

    mardi 8 janvier 2013

    Une étudiante de 16 ans transforme le plastique en biofuel

    Alors que la France s'émeut de l'article co-signé par un tout jeune homme de 15 ans et paru à la une du magazine scientifique Nature, une jeune femme du même âge issue d'un pays du sud (Égypte) fait une découverte vitale (transformation des déchets de plastique en biofuel) qui est passée plutôt inaperçue dans les médias des pays du Nord...
    Faiad has succeeded in converting plastic into fuel feedstocks — the bulk raw material for producing biofuel — by identifying a catalyst, calcium bentonite, for breaking down the plastic waste that is low in cost. When the waste is broken down, it produces gaseous products including methane, propane and ethane, which are then converted into ethanol for use as biofuel.
    Student finds new way of turning plastic into biofuel - SciDev.Net

    mercredi 26 décembre 2012

    La science vue par une jeune Québécoise - comment le gouffre reste profond

    Voici un commentaire très éclairant sur le gouffre qui sépare la parole scientifique et les citoyens "ordinaires" (cet adjectif lui-même, sous-entendant le caractère extra-ordinaire des scientifiques, étant lourd de sens...). Il émane d'une étudiante de 20 ans qui se prépare à un métier dans le domaine des communications et qui réfléchit sur la science:
    Ce qui m’énerve de la science, et ce que le constructivisme affirme aussi, c’est qu’elle prétend décrire et détenir la vérité absolue. Pour vérifier cela, je n’ai qu’à entamer une conversation avec l’un de mes nombreux amis qui étudient la science. Argumenter avec un scientifique est très énervant. Par expérience personnelle, ils prétendent toujours avoir raison sur tout et il n’y a jamais place au compromis. Pire, ces personnes te font souvent sentir comme une complète idiote. Dès qu’on affirme quelque chose qu’ils ne peuvent expliquer par la science, qui n’est pas écrit dans leur livre, on semble les déstabiliser. Leur réponse pour clore la conversation est souvent d’affirmer avec un ricanement que cela est impossible. C’est à croire que si on vivait au Moyen-Âge, ils me mettraient sur le bûcher pour me faire taire. 
    Quels chercheurs se sentiront interpellés par le défi implicite que leur lance cette jeune femme si franche?

    mercredi 19 décembre 2012

    Vers l'évaluation scientifique ouverte

    Nikolaus Kriegeskorte, un neuroscientifique qui contribue à la plateforme scientifique "dorée" Frontiers, et ses collègues viennent de publier un livre électronique sur la nécessité d'ouvrir l'évaluation scientifique des articles, en sus de l'accès libre aux publications : il répond oui à la question « Does science need 'open evaluation' in addition to 'open access?'. Différents modèles sont explorés dans le livre et les articles de ces chercheurs. L'idée générale de l'évaluation ouverte est qu'au lieu de limiter l'évaluation à 2-3 chercheurs experts et à la période de la pré-publication, il est possible d'impliquer beaucoup plus d'acteurs (chercheurs, sociétés savantes et utilisateurs de connaissances) et de la faire de manière transparente et continue afin de l'approfondir. Dans ce processus, la publication est immédiate et le processus d'évaluation commence ensuite. La revue invite les internautes - chercheurs ou non- à  « coter » l'article et à le commenter : des sociétés savantes, des industriels, des cliniciens. etc. L'auteur peut modifier son texte en conséquence. Dans une deuxième phase, des experts synthétisent les commentaires et mettent en contexte l'article et ses commentaires par rapport au champ de recherche dont il est question.

    Nikolaus Kriegeskorte a très bien résumé tous ces enjeux dans un long article (en accès libre) récent:
    « Beyond open access: visions for open evaluation of scientific papers by post-publication peer review».


    Colloque La révolution de la science ouverte et du libre accès, à Québec : appel à contribution

    En 2013, l'Association science et bien commun parraine le colloque « Révolution de la science ouverte et de l'accès libre : état des débats et des enjeux » qui se tiendra les 6-7-8 mai à Québec (Université Laval) dans le cadre du congrès annuel de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS).

     Les propositions de communication sont attendues jusqu'au 15 janvier 2013, sur ce formulaire en ligne. La réponse sera donnée au plus tard le 1er février. En cas d'acceptation, les conférenciers devront s'inscrire sur le site de l'ACFAS et s'y ouvrir un compte.

     Le but de ce colloque est de proposer un état des lieux et des débats sur la science ouverte et l'accès libre. Il prendra la forme d'une série de tables rondes et de conférences proposant des bilans, des exemples et des études de cas et laissant largement aux personnes présentes le temps de discuter. Voici les thèmes et le calendrier provisoire :

    •  6 mai : l'accès libre pour tous les internautes à toutes les publications scientifiques arbitrées par les pairs (le libre accès)
    • 7 mai (matin) : le partage des données de recherche et l'évaluation scientifique ouverte (la science en ligne)
    • 7 mai (après-midi) : la science collaborative (ou citoyenne), qui intègre des non-professionnels de la recherche scientifique dans les projets de recherche
    • 8 mai (matin) : la science 2.0, qui regroupe les réseaux sociaux et blogues où s'expriment de plus en plus les chercheurs, y compris pour présenter et mettre en débat leurs hypothèses, et qui conduit à repenser la scientométrie avec la création des altmetrics
    • 8 mai (après-midi) : les liens entre la science ouverte et les politiques scientifiques, notamment les politiques d'information scientifique (imposer, encourager, appuyer, financer, etc.).

    Il sera possible de participer par Skype pour ceux qui ne peuvent se déplacer à Québec.

    Voici quelques liens intéressants :


    mardi 11 décembre 2012

    Le data mining et la recherche translationnelle : deux nouvelles "tendances" en recherche

    Le Data mining est une nouvelle forme de recherche scientifique qui se fonde sur l'analyse essentiellement statistique d'immenses bases de données :  celles que le mouvement Open data est en train de rendre accessibles sur Internet ou celles qui sont constituées de manière lucrative afin d'être vendues à des équipes de recherche (banque de données en génomique, par exemple). Une série d'articles du blog français Mysciencework (Le data mining : des données au savoir) en fait un portrait détaillé :
    L’informatique a permis d’accumuler des quantités massives de données sur des sujets divers et variés, qu’il s’agisse du génome humain, de simples opérations de vente ou encore de données textuelles. Une donnée brute, tant sous sa forme numérique que papier, n’est pas intéressante en elle-même. Le data mining (« fouille de données » pour les francophones, également appelé Knowledge Discovery From Data) lui apporte tout son intérêt. Comment transformer les données en sources de savoir ? Voici l’une des grandes questions qui préoccupent les experts de la donnée. Le data mining tente d’apporter des réponses à cheval sur un grand nombre d’autres disciplines, soit en tant qu’outils comme les statistiques et la recherche opérationnelle, soit en tant que domaine d’application comme la sociologie, le marketing ou la biologie.
    La recherche translationnelle, quant à elle, est le nouveau mot magique de la recherche biomédicale. Elle désigne une orientation de cette recherche biomédicale vers le traitement (médicamenté) des maladies connues, donc vers l'application concrète aux soins de santé et à l'industrie pharmaceutique. Dans "biomédical", le "médical" l'emporte et, avec lui, le financement de cette recherche, de plus en plus industrielle et appliquée. En effet, comme l'indique cet article d'un chercheur doucement indigné, cette orientation se fait au détriment de la recherche plus fondamentale sur les phénomènes vivants : croissance des cellules, etc.

    Les innovations numériques et la crise des finances publiques et universitaires ont un effet direct sur le genre de science que fabriquent les chercheurs de notre temps.

    vendredi 16 novembre 2012

    Revue Science: droits de l'auteur d'auto-archiver son article dans le dépôt institutionnel de son université

    La voie verte du libre accès incite les auteurs à archiver eux-mêmes une copie en libre accès de leurs articles scientifiques dans le dépôt institutionnel en ligne de leur université. Une lecture patiente du site de la revue Science m'a permis d'identifier l'article de l'accord sur les droits d'auteurs qui permet aux auteurs publiés dans cette revue de poster leur article dans le dépôt institutionnel de leur université, en libre accès.
    4. In addition to the rights retained by the author in 3 above, authors of research papers arising out of grants awarded no earlier than 2 May 2005 who are required by their funding agencies to make their research results publicly available may do so under the following conditions: The author may cause the posting, no sooner than 6 months after final publication of the Work in Science, of the “Accepted Version” of the Work in his/her funding body’s archive or designated repository provided it includes a hyperlink to the final published version on the Science website and the full Science reference citation. The “Accepted Version” shall be defined as the version of the paper accepted for publication in Science including changes resulting from peer review but prior to Science’s copy editing and production. This policy does not apply to editorials, reviews, or commentary pieces. The author must ensure that the Accepted Version is not released on his/her funding body’s archive or repository until 6 months after its final publication date in Science.
    Il est donc parfaitement possible de publier dans la revue commerciale Science et de donner accès à son article à tous les internautes gratuitement, 6 mois après la publication.

    Selon cet accord, un auteur peut aussi mettre en ligne une copie de son article sur son site personnel, ce qui peut se faire plus rapidement, mais qui n'inclut pas l'article dans les outils de recherche qui "moissonnent" les dépôts institutionnels des universités.
    • [The author may] post a copy of the accepted version of the Work on the author's personal website. After the article has been published in Science, authors may post the accepted version (the version of the paper accepted for publication in Science including changes resulting from peer review but prior to Science’s copy editing and production) on their personal website on the condition that the reposted article includes a hyperlink to the Work on the Science website provided the accepted version is marked with the following notice: "This is the author's version of the work. It is posted here by permission of the AAAS for personal use, not for redistribution. The definitive version was published in Science {VOL#, (DATE)}, doi:10.1126/science.{manuscript number}".
    Science/AAAS: Science Magazine: About the Journal: Information for Authors: Preparing Your Manuscript: License Agreement

    mardi 13 novembre 2012

    Enquête sur les relations entre les universités et leurs communautés

    Le Global University Network for Innovation (GUNI) vient de lancer une enquête Web pour documenter la diversité des actions ou événements CUE (Community-University Engagement) dans le monde : CUE can be defined as “the collaboration between institutions of higher education and their larger communities (…) for the mutually beneficial exchange of knowledge and resources in a context of partnership and reciprocity". Les résultats seront présentés au prochain colloque du GUNI à Barcelone en mai 2013.

    Ce projet s'inspire d'un article très intéressant sur les liens entre les universités et la société, à méditer en ces temps où certains gouvernements aimeraient revivifier l'idéal de la société du savoir.
    Hiram E. Fitzgerald, Karen Bruns, Steven T. Sonka, Andrew Furco, Louis Swanson
    The centrality of engagement is critical to the success of higher education in the future. Engagement is essential to most effectively achieving the overall purpose of the university, which is focused on the knowledge enterprise. Today’s engagement is scholarly, is an aspect of learning and discovery, and enhances society and higher education. Undergirding today’s approach to community engagement is the understanding that not all knowledge and expertise resides in the academy, and that both expertise and great learning opportunities in teaching and scholarship also reside in non-academic settings. By recommitting to their societal contract, public and land-grant universities can fulfill their promise as institutions that produce knowledge that benefits society and prepares students for productive citizenship in a democratic society. This new engagement also posits a new framework for scholarship that moves away from emphasizing products to emphasizing impact.
    Cet article est publié dans la revue scientifique Journal of Higher Education Outreach and Engagement:
    The mission of the Journal of Higher Education Outreach and Engagement (JHEOE) is to serve as the premier peer-reviewed, interdisciplinary journal to advance theory and practice related to all forms of outreach and engagement between higher education institutions and communities.
    This includes highlighting innovative endeavors; critically examining emerging issues, trends, challenges, and opportunities; and reporting on studies of impact in the areas of public service, outreach, engagement, extension, engaged research, community-based research, community-based participatory research, action research, public scholarship, service-learning, and community service.

    samedi 10 novembre 2012

    John Maddox prize : un prix qui récompense des chercheurs qui ont dû affronter un environnement hostile

    Le prix John Maddox, commandité par Nature et la fondation Kohn pour honorer des chercheurs qui font de la science rigoureuse dans un environnement hostile, vient d'être décerné. Ce prix récompense "individuals who have promoted sound science and evidence on a matter of public interest, with an emphasis on those who have faced difficulty or opposition in doing so".
    Au-delà de l'histoire fascinante des deux personnes (le psychiatre britannique Simon Wessely et le journaliste scientifique chinois Shi-min Fang) qui viennent de recevoir ce prix, c'est son existence même qui est intéressante. En effet, une institution de l'élite scientifique (Nature) n'hésite plus à reconnaitre l'existence de conflits allant jusqu'à l'intimidation et les menaces de mort au sein même de ce que certains voudraient encore idéaliser comme un univers rationnel de purs débats sur des faits, des méthodes et des théories. Cette reconnaissance va jusqu'à honorer ceux qui y résistent! Les "manquements" et inconduites de certains chercheurs ou acteurs du monde de la recherche scientifique (associations de patients, promoteurs d'une théorie rivale) ne sont plus considérés comme des aberrations conjoncturelles, mais comme une possibilité inhérente au monde de la recherche scientifique, une réelle menace pour la qualité de la science.
    Parmi les autres candidats au prix John Maddox, on pourrait penser aux épidémiologistes auteurs d'une étude sur les effets de l'Isoméride (similaire au Médiator) que les Laboratoires Servier, fabricants du Mediator, "auraient tenté d'intimider, notamment en leur envoyant des petits cercueils par la poste. Il s'agissait de les "neutraliser sans paraître agressifs", selon un document obtenu par le journal Libération en 2011.
    Pensons aussi à Nancy Olivieri, à Alain Braillon et à tous les lanceurs d'alerte soutenus par la Fondation sciences citoyennes.
    Le métier de chercheur ne nécessite pas seulement des compétences intellectuelles, mais aussi du courage et de l'intégrité. Est-ce un message qui est vraiment transmis aux jeunes chercheurs obnubilés par leur volonté de publier à tout prix?

    dimanche 4 novembre 2012

    Scientific fraud is rife: it's time to stand up for good science

    Un coup de ras-le-bol de deux chercheurs face aux fraudes scientifiques qui semblent en nombre croissant et aux failles du système des subventions de recherche. Leur verdict est sévère, bien loin du déni auquel plusieurs observateurs en restent encore, peut-être par crainte de paraître "anti-science". Loin de condamner quelques individus immoraux, ces auteurs mettent en cause l'ensemble du système actuel de production de la connaissance scientifique et notamment le passage obligé par la publication dans quelques grandes revues commerciales dont le processus d'évaluation par les pairs est loin d'être infaillible. Selon la journée d'études qu'ils organisent à Londres, il est encore possible de réformer le système afin de rendre la recherche scientifique plus transparente, plus intègre et surtout plus fiable pour les générations de chercheurs qui travailleront sur ses bases dans l'avenir.
    The scientific process must be as open to scrutiny as possible – that means enforcing study pre-registration to deter inappropriate post-hoc statistical testing, archiving and sharing data online for others to scrutinise, and incentivising these practices (such as guaranteeing publications, regardless of findings).
    Scientific fraud is rife: it's time to stand up for good science | Pete Etchells and Suzi Gage | Science | guardian.co.uk

    Le gouvernement belge agit pour promouvoir le libre accès à la recherche produite par les chercheurs belges

    Voici le communiqué de l'Université de Liège, pionnière du mouvement en faveur de l'accès libre à la recherche, qui annonce que le gouvernement belge est désormais résolu à promouvoir l'accès libre de la recherche belge à tous les internautes et que la conférence des recteurs belges veut aussi y travailler concrètement.

    Les obstacles institutionnels tombent, il ne restera plus qu'à transformer la culture scientifique pour évacuer les fausses idées reçues parmi les (jeunes) chercheurs : les publications en accès libres seraient moins prestigieuses et reconnues dans le milieu scientifique (les derniers prix Nobel ont tous publié en accès libre!), les plus grandes revues refuseraient de donner l'autorisation aux auteurs de déposer leurs articles dans des dépôts institutionnels (elles acceptent toutes, avec un certain délai), les dépôts institutionnels seraient introuvables et mal référencés (la technologie de l'Open access est en plein boom, c'est la volonté de promotion qui fait défaut).
    A l'occasion de l'Open Access Week 2012, une journée de conférence « Open Access to Excellence in Research » était organisée le lundi 22 octobre au Palais des Académies de Bruxelles. Après une présentation de la politique Open Access à l'échelle européenne ainsi qu'une discussion avec un panel d'experts sur les aspects de la politique OA à mener en Belgique la journée a été marquée par la signature de la :
    Brussels Declaration on Open Access to Belgian publicly funded research
    Cette déclaration, signée par les représentants des Ministres Paul Magnette (Politique scientifique fédérale), Jean-Marc Nollet (FWB) et Ingrid Lieten (EWI), définit une politique belge en matière d'accès ouvert à l'information scientifique. Elle affirme le soutien du gouvernement belge au mouvement de l'Open Access et en fait le moyen de diffusion par défaut des résultats de recherches scientifiques belges.

    Les signataires s'engagent à favoriser l'accès libre aux résultats de recherches financées par des fonds publics par diverses actions :
    • Informer activement les chercheurs sur l'OA
    • Recommander aux chercheurs de rendre leurs publications issues de ces recherches disponibles en OA, de préférence immédiatement ou au plus tard 6 à 12 mois après la publication (selon la discipline scientifique)
    • Etudier la possibilité, pour les pouvoirs publics, de couvrir les coûts de la publication en OA
    • Appuyer la création et le maintien de dépôts OA et d'autres infrastructures numériques innovantes dans le but de faciliter la communication scientifique
    • Etudier les nouvelles opportunités offertes par l'OA au sens large, en collaboration avec les acteurs concernés, en considérant l'accès libre aux publications scientifiques comme précurseur de nouvelles initiatives dans les domaines de l'Open Data ou l'Open Science.
    Les Recteurs des Universités francophones belges (CRef) ont, de plus, dans le cadre de la discussion menée par un panel d'experts sur le thème « What should be done on policy level to give Open Access in Belgium a boost? », exprimé clairement leur volonté :
    • de renforcer les dépôts institutionnels (DI), notamment en résolvant la problématique de la cession des droits d'auteurs, mais surtout en allant vers un mandat belge OA commun ;
    • de créer un portail commun harvestant les DI des Universités en Communauté française, offrant ainsi une fenêtre globale de visibilité de l'excellence de la recherche belge francophone.
    Voir la position du groupe commercial Nature Publishing Group à ce sujet.

    Pour en savoir plus, suivez le scoop-it science ouverte


    Politique du groupe Nature Publishing à propos du dépôt des articles dans des dépôts institutionnels à accès libre

    Contrairement à certaines idées reçues, le groupe Nature publishing encourage les auteurs qu'il publie dans ses revues commerciales (payantes) à transférer une copie de leur article dans un dépôt institutionnel à accès libre tels ceux que les universités mettent sur pied. La seule condition est de mentionner que l'article déposé a été publié dans la revue en question - ce qui ne devrait pas être un problème puisque les auteurs sont fiers d'avoir publié dans Nature! C'est aux universités de mieux faire connaître leur dépôt institutionnel à leurs chercheurs et à la communauté scientifique en général.

    Permission requests from authors

    The authors of articles published by Nature Publishing Group, or the authors' designated agents, do not usually need to seek permission for re-use of their material as long as the journal is credited with initial publication. For further information about the terms of re-use for authors please see below.

    Author Requests

    If you are the author of this content (or his/her designated agent) please read the following. Since 2003, ownership of copyright in in original research articles remains with the Authors*, and provided that, when reproducing the Contribution or extracts from it, the Authors acknowledge first and reference publication in the Journal, the Authors retain the following non-exclusive rights:
    1. To reproduce the Contribution in whole or in part in any printed volume (book or thesis) of which they are the author(s).
    2. They and any academic institution where they work at the time may reproduce the Contribution for the purpose of course teaching.
    3. To reuse figures or tables created by them and contained in the Contribution in other works created by them.
    4. To post a copy of the Contribution as accepted for publication after peer review (in Word or Tex format) on the Author's own web site, or the Author's institutional repository, or the Author's funding body's archive, six months after publication of the printed or online edition of the Journal, provided that they also link to the Journal article on NPG's web site (eg through the DOI).
    NPG encourages the self-archiving of the accepted version of your manuscript in your funding agency's or institution's repository, six months after publication. This policy complements the recently announced policies of the US National Institutes of Health, Wellcome Trust and other research funding bodies around the world. NPG recognizes the efforts of funding bodies to increase access to the research they fund, and we strongly encourage authors to participate in such efforts.
    Authors wishing to use the published version of their article for promotional use or on a web site must request in the normal way.
    http://www.nature.com/reprints/permission-requests.html

    mercredi 31 octobre 2012

    Cours Internet sur les publications scientifiques, de l'évaluation au libre accès

    Cours gratuit d'Hervé Le Crosnier, spécialiste du monde numérique :
    Les publications scientifiques sont le produit du travail scientifique. Elles recouvrent aussi une forme particulière de production de documents. Enfin, elles ont souvent servi de modèle pour les évolutions du numérique (banques de données, indexation, internet).
    L'irruption de l'internet a provoqué une modification profonde des relations des chercheurs avec la publication, et avec les publics. Le nouveau mouvement social pour le libre-accès aux publications scientifiques en témoigne.

    Vidéo

    Le cours est filmé par le CEMU (Centre d'Enseignement multimédia de l'Université de Caen). Le meilleur endroit pour le regarder est sur le site de Canal-U (la vidéothèque numérique de l'enseignement supérieur), qui propose un balayage à partir des diapositives de la présentation, et la possibilité de télécharger la vidéo.
    Les Publications scientifiques - Culture numérique

    À l'école des communs : 2-3 novembre à Montréal


    Voici une "école des communs", l'occasion d'une réflexion sur la notion de bien commun et de culture ouverte.
    Organisé par Communautique et Remix biens communs, en collaboration avec la Chaire Nycole Turmel sur les espaces publics et les innovations politiques de l'UQÀM, « À l'école des communs » se déroulera en deux temps en présence de nos invités internationaux, Michel Bauwens de la fondation P2P et Lionel Maurel de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC).

    À l'école des communsLes 2 et 3 novembre 2012 
    Le P2P, la culture libre et le mouvement mondial des commun 
    Le 2 novembre de 15h à 17h
    Salle SH3420 du pavillon Sherbrooke de l'UQÀM
    200 rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Place-des-Arts)
    Conversation sur l'éCo-nomie des communsLe 3 novembre de 10h à 13h
    À l'Église Saint-Marc
    2602 rue Beaubien Est, Montréal (métro Iberville)

    Pour en savoir plus: http://www.communautique.qc.ca/nouvelles/nouvelles-communautique/lcole-des-communs-du-2-au-3-novembre-2012.html

    mardi 30 octobre 2012

    Rencontres science-société-arts à la 2e Nuit de la liberté, Québec, 8 novembre

    La Faculté des lettres de l'Université Laval présentera sa deuxième édition de la Nuit de la liberté sur le thème « Amour, solidarité, réconciliation » le jeudi 8 novembre de 14h à minuit au Musée de la civilisation à Québec.

    Il s'agit d'un événement unique en son genre qui fait coexister dans l'espace du Musée des tables rondes, des films gratuits, des lectures publiques, des performances théâtrales, de l'art public, un tweet-poème collectif, un cabaret politique et un café philosophique, entre autres. Des chercheurs de nombreuses disciplines peuvent ainsi discuter avec des non-chercheurs et des artistes d'une multitude de questions d'actualité ou scientifiques. Consulter ici le programme complet.

    Un des trois mini-colloques est consacrée à la science ouverte :

    Comment élargir l'accès du grand public au savoir universitaire et à la littérature ?

    Auditorium Roland Arpin, entrée libre 

    NB: Ce mini-colloque est l'amorce d'un colloque sur la science ouverte prévu à Québec pour les 6-7 mai 2013. Informations sur place.

    14h00 « La science ouverte : pourquoi, qui et comment ? »

    La science ouverte recouvre un ensemble varié de pratiques qui ont un but commun : favoriser l'accès universel au savoir scientifique, que ce soit parmi les chercheurs eux-mêmes, dans les organisations qui pourraient en avoir besoin et dans la société civile. Les invités, parmi lesquels deux pionniers mondiaux de la Open science (Stevan Harnad et Jean-Claude Bradley) évoqueront différents aspects de ce défi : l'accès libre et gratuit aux publications scientifiques, le partage des données de recherche sur Internet et les enjeux éthiques de la science ouverte.

    Table ronde animée par Jean Bernatchez, professeur au Département des sciences de l'éducation de l’UQAR, avec Jean-Claude Bradley (par skype) professeur de chimie et inventeur des carnets ouverts de laboratoire, de l’Université Drexel (Philadelphie), Stevan Harnad, pionnier mondial du libre accès et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences cognitives de l'UQAM et Florence Piron, professeure à l'Université Laval et présidente de l'Association science et bien commun.
    Blog de Stevan Harnad.

    15h15 « Comment faire rayonner le savoir universitaire dans la Cité ? »

    Les murs de l'université apparaissent parfois comme une muraille aux yeux du grand public. Comment ouvrir des brèches et faire profiter du savoir universitaire
    les citoyens qui ne peuvent ou ne veulent pas s'inscrire comme étudiants? La médiation culturelle, les universités populaires ou le service à la collectivité sont des réponses intéressantes.

    Table ronde animée par Thierry Belleguic, professeur à la Faculté des Lettres de l'Université Laval et conseiller spécial à la culture, avec Jonathan Durand Folco, doctorant en philosophie à l'Université de Montréal et co-fondateur de l'Union des savoirs populaires de Québec, André Lareau, professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval et responsable du projet l'Université en ville et Hélène Pagé, directrice du service de la médiation culturelle et éducative du Musée de la civilisation.

    16h30 « Comment concilier l'accès libre à la littérature et au savoir avec le respect des droits des auteurs et des éditeurs? »

    L'accès libre à la littérature et à la science interpelle le monde de l'édition (qui devra repenser son modèle d'affaires) et soulève des questions quant à la propriété intellectuelle et aux droits d'auteurs. Deux juristes et un auteur et éditeur en discutent.

    Table ronde animée par Guillaume Pinson, professeur au Département des littératures de l'Université Laval, avec Georges Azzaria, professeur à la Faculté de droit de l’Université Laval, Olivier Charbonneau, bibliothécaire à l'Université Concordia et webmestre de Culturelibre.ca et Gilles Pellerin, écrivain, éditeur et professeur au cégep François-Xavier-Garneau.

    lundi 29 octobre 2012

    Dialogue science et politique : recul au Canada, avancée en Grande-Bretagne?

    Il se passe des événements intéressants en Grande-Bretagne. Le Ministre de la santé, interpellé en chambre par une députée qui est aussi médecin de famille, a accepté de rencontrer des chercheurs qui viennent de publier une lettre ouverte sur la question des données "manquantes" des essais cliniques de médicaments. Certains de ces chercheurs militent depuis longtemps pour l'accès public à toutes les données issues des essais cliniques, y compris celles qui montrent des effets secondaires indésirables graves. Ben Goldacre vient de publier à ce sujet Bad Pharma (ou comment les compagnies pharmaceutiques trompent les médecins et nuisent aux patients). Est-ce qu'un projet de loi sur l'accès aux données cliniques intégral arrivera ainsi à l'ordre du jour du gouvernement britannique? On le souhaite. Au Canada, ce sujet est aussi dans l'actualité et l'avancée timide de Santé Canada sur le sujet est loin de convaincre les observateurs, surtout lorsqu'on découvre que cette instance chargée de protéger la santé de la population néglige de traiter les rapports d'effets secondaires indésirables qu'on lui transmet. Ici aussi, un accès public aux données obligerait peut-être Santé Canada à analyser ces rapports...
    Mais les rapports entre les chercheurs et les politiciens ne sont pas toujours aussi, disons, "positifs". Au Québec et au Canada, nombreux sont les observateurs qui critiquent amèrement les décisions du gouvernement Harper en matière de recherche scientifique. Le choix des institutions à qui il retire du financement public semble conduire inéluctablement à la destruction de tout un pan de la recherche scientifique critique, notamment en environnement, au profit de la consolidation d'une science qui "rapporte", rentable. Mais certains se trompent de cible quand ils attribuent le fossé apparemment croissant entre les décisions politiques et les avis scientifiques aux insuffisances de politiciens trop pressés ou démagogues plutôt qu'à leurs choix politiques. La science propose, la politique dispose et c'est pour ça que l'une n'est pas l'autre. Cependant, selon les choix des politiciens ou des chercheurs, le fossé peut se creuser ou se combler.

    (Texte modifié le 30 octobre à la suite des commentaires de l'Agence science presse où il est aussi publié)